Actuellement, quatre millions de diagnostics de performance énergétique (DPE) sont réalisés chaque année par quelque 10 000 diagnostiqueurs, mais les professionnels de l’immobilier jugent ce bilan parfois peu fiable. En dépit d’une réforme de la méthode de calcul en 2021 pour améliorer le sérieux des résultats, la Fédération nationale de l’immobilier (Fnaim) indique que 70 000 DPE erronés sont produits annuellement. « Il faut passer au moins quarante-cinq minutes dans le logement pour établir un diagnostic sérieux, temps que tous les diagnostiqueurs ne prennent pas », regrette Seydi Eren, cofondateur de Diagadom.

En moyenne, le prix d’un DPE se situe autour de 150 euros. Cependant, certains diagnostiqueurs proposent des prix plus bas, quitte à réaliser un travail moins sérieux. Compte tenu des enjeux, Valérie Létard, ministre chargée du logement, a annoncé une multiplication des contrôles des DPE dans les mois à venir et des sanctions plus sévères pour les diagnostiqueurs frauduleux. L’un des objectifs est d’éviter les DPE de complaisance qui donnent une note trop favorable ou ceux effectués à distance sans visite du logement par le diagnostiqueur.

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En attendant, quelle est l’ampleur de la décote lors de la vente de biens énergivores ? Pour le savoir, le bureau d’études thermiques Ithaque a croisé les données de l’indice valeur verte des notaires avec celles des transactions fournies par l’administration fiscale dans dix grandes villes françaises.

Moindre décote à Paris

L’étude, qui porte sur les douze mois de l’année 2024, montre qu’une maison énergivore notée F ou G dans le DPE se vend en moyenne 180 000 euros de moins qu’une maison notée A ou B.

C’est à Bordeaux que la décote est la plus forte : elle atteint 254 000 euros en moyenne pour une maison de 150 mètres carrés notée F ou G. Autrement dit, une maison avec une telle surface habitable s’y vend 755 800 euros si elle est bien isolée, mais seulement 501 637 euros si elle ne l’est pas. A Lyon, la décote est de 237 000 euros, et de 217 000 euros à Montpellier. A Toulouse, il faut compter 211 000 euros de perte de valeur, et 198 130 euros à Strasbourg. A Nice et à Nantes, la décote se situe respectivement à 192 751 euros et à 184 500 euros.

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