- Jacques et Jessica Moretti ont adressé mercredi une lettre à leurs salariés « pour sortir du silence ».
- Cette initiative a été mal perçue par certains employés, qui y voient une stratégie.
- Dans une interview accordée à un quotidien italien, la gérante assure qu’il s’agissait du « seul moyen » pour s’exprimer.
Suivez la couverture complète
Drame à Crans-Montana : des dizaines de morts dans l’incendie d’un bar le soir du Nouvel An
« Je veux la vérité.
» Plus d’un mois après le drame de Crans-Montana (nouvelle fenêtre), Jessica Moretti prend la parole. Dans une interview accordée au Corriere della Sera
(nouvelle fenêtre), la propriétaire de l’établissement dont l’incendie a fait 41 morts et 115 blessés assure qu’elle comprend « la colère des victimes »
.
« On a raconté tellement de mensonges, beaucoup trop
« , estime Jessica Moretti. En particulier le fait qu’elle se serait enfuie avec l’argent. « Je ne me suis jamais enfuie. Et je ne fuis pas non plus maintenant
« , précise-t-elle. Avant d’ajouter : « L’enquête révélera la vérité. La vérité aidera les victimes. Je souhaite collaborer avec les enquêteurs
. »
Rétablir la vérité
Rétablir la vérité
Jessica Moretti
« Nous vivons isolés ; nous sommes complètement seuls pendant l’enquête
« , poursuit Jessica Moretti. Elle évoque également la lettre qu’elle a rédigée avec son mari et qui a été envoyée mercredi à leurs employés. « Il était important pour nous de rétablir la vérité. La lettre était le seul moyen de nous exprimer. L’utiliser nous protège. C’était aussi une façon de leur dire que nous ne les avons pas oubliés et que tout ce qu’ils racontent est complètement faux
« , estime la propriétaire du Constellation au média italien.
La sincérité des gérants dans ce courrier a cependant été mise en doute par leurs employés. « J’ai eu mes clients ce matin au téléphone, qui étaient encore une fois scandalisés par cette forme de comédie humaine. Ils tentent bien évidemment de présenter un caractère un peu plus bienveillant, un peu plus empathique, un peu plus humain. Mais encore une fois, il s’agit d’une posture judiciaire de façade
« , a dénoncé Me Jean-Claude Giudicelli, avocat de deux salariés du bar.
« On n’a jamais imaginé même dans nos pires cauchemars que quelque chose comme ça pourrait se passer, considère néanmoins la gérante. Mais on est là pour l’enquête, comme on s’est engagé, comme on le doit à toutes les victimes
« . Le couple de Français fait l’objet d’une instruction pénale pour « homicide par négligence, de lésions corporelles par négligence et d’incendie par négligence ». Ils doivent être entendus par le ministère public du Valais, en Suisse, ces prochains jours : le 11 février pour Jacques Moretti, le 12 février pour son épouse Jessica.

