
Mardi 31 mars, une semaine après avoir annoncé le départ de Nicolas Di Felice, Courrèges a révélé le nom de son successeur. Drew Henry prendra la tête de la direction artistique à compter du mois de mai et montrera sa première collection à la fashion week de Paris en septembre.
La marque fait le pari de recruter quelqu’un qui n’a, jusqu’ici, jamais piloté de maison. Drew Henry, 38 ans, est originaire de Mpumalanga en Afrique du Sud. Diplômé du Lisof (une école technique spécialisée dans le patronage et la construction du vêtement à Johannesbourg) et de la Central Saint Martins à Londres, il a commencé sa carrière chez Celine aux côtés de Phoebe Philo, avant d’être nommé directeur du design chez JW Anderson. En 2020, il a secondé Phoebe Philo pour le lancement de sa propre marque, puis a rejoint Burberry en 2023 dans l’ombre de Daniel Lee.
Son parcours dans des maisons prestigieuses est a priori un gage de confiance, mais choisir un designer qui n’a jamais fait ses preuves en tant que numéro 1 est toujours un pari risqué que de moins en moins de grandes marques semblent prêtes à relever. L’exemple raté de Sabato de Sarno, propulsé en 2023 à la tête de Gucci après des années à travailler comme bras droit de Pierpaolo Piccioli chez Valentino a montré les limites de l’exercice. Moins deux ans après son arrivée, la marque florentine se séparait de lui.
« Des pièces à la fois modernes, fonctionnelles et sans détour »
« Drew Henry possède un talent certain et une vision créative affirmée. Son parcours et sa compréhension des enjeux de la mode contemporaine sont des atouts de taille pour accompagner la prochaine phase de développement de Courrèges », a estimé par communiqué de presse François-Henri Pinault, le président d’Artémis qui possède la marque.
Fondée en 1961 par André et Coqueline Courrèges, la marque s’est imposée à l’époque comme un symbole de modernité, avec ses pantalons pour femmes, ses jupes au-dessus du genou, ses robes amples pensées pour laisser le corps libre de ses mouvements. Coqueline Courrèges est restée à la tête du studio jusqu’en 2011. Après son rachat par Artémis (en 2018) et sous l’égide de Nicolas Di Felice (arrivé en 2020), la griffe avait retrouvé de la vigueur. Les collections, modernes mais cohérentes avec l’histoire de la marque, avaient rencontré un public, et Courrèges avait ces dernières années ouvert de nouvelles boutiques.
« André Courrèges abordait le vêtement comme partie intégrante d’un mode de vie. Cela a beaucoup de sens pour moi ; je me suis toujours attaché à dessiner des pièces à la fois modernes, fonctionnelles et sans détour », affirme Drew Henry, qui veut « porter pour Courrèges une vision à la fois optimiste, claire et résolument contemporaine ».

