« Si vous voulez une innocente, j’en ai une », me lance Me Damien Brossier. La proposition arrive sans prévenir, au milieu d’un déjeuner consacré à un tout autre sujet. Je n’ai ni demandé ni « voulu » une innocente, mais, somme toute, puisque cet avocat m’a toujours paru sincère, j’écoute la suite avec attention. « Non seulement ma cliente est innocente du meurtre de son mari, ajoute l’avocat, mais on connaît les coupables. Il s’agit d’un cambriolage qui a mal tourné. » En résumé, sa cliente a été condamnée par trois cours d’assises et a passé des années en prison pour rien. Selon lui, il n’y a pas de place pour le doute. Et d’ailleurs, là n’est pas le sujet. Le sujet, le scandale, même, c’est la justice française : elle aurait dû avouer son erreur, elle a même hésité à le faire par le biais de la Cour de révision des condamnations pénales, mais, finalement, la justice a fait machine arrière.

Une année passe, je perds l’avocat de vue. De temps à autre, je repense à cette histoire, j’en parle occasionnellement à des proches. Quelque chose m’a touché.

Avec mes parents, en janvier 2011, nous avons été victimes d’un home-jacking en pleine nuit. Quatre hommes cagoulés et armés de pistolets semi-automatiques ont pénétré chez nous. Frustrés de ne pas trouver de cash dans la maison, ils nous ont frappés, menacés de mort et ligotés. Ils ont fini par se rabattre sur nos cartes bancaires, s’emmêlant les pinceaux en notant nos codes, redoublant de violence.

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