Dépouillement de bulletins de vote à l’Hôtel de ville d’Aarhus (Danemark), le 24 mars 2026.

Les sociaux-démocrates de la première ministre Mette Frederiksen sont arrivés en tête des élections législatives, mardi 24 mars, au Danemark. Ils subissent néanmoins un net recul, et n’atteignent pas la majorité absolue avec les autres partis de gauche, selon les résultats définitifs, publiés peu après minuit. La participation s’élève à 84 %.

Les sociaux-démocrates réunissent 21,9 % des voix, soit leur niveau le plus bas depuis 1901, loin des 27,5 % obtenus en 2022. Le bloc de gauche, constitué de la formation de Mette Frederiksen et quatre autres mouvements, obtient 84 des 179 sièges du Parlement, donc pas la majorité absolue, qui est de 90 sièges.

Le Parti populaire socialiste (SF) devient le deuxième parti du pays pour la première fois de son histoire, avec 11,6 % des voix. « Nous devons essayer de garantir [le maintien de] l’Etat providence, nous devons essayer d’engager une transition écologique, a déclaré à la presse sa présidente, Pia Olsen Dyhr. Si nous n’y parvenons pas, nous n’entrerons pas au gouvernement, nous resterons dans l’opposition. »

La droite et l’extrême droite, qui réunissent six partis, remportent 77 sièges. Les Modérés (centre) conduits par le ministre des affaires étrangères, Lars Lokke Rasmussen, en décrochent quatorze, et joueront ainsi un rôle décisif dans les négociations pour la composition du prochain gouvernement, qui s’annoncent particulièrement ardues. « Venez nous rejoindre. Nous sommes au centre. Vous vous êtes précipités vers les extrêmes. Nous sommes toujours là », a lancé M. Lokke Rasmussen à ses anciens partenaires.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Mette Frederiksen, une première ministre reconnue à l’étranger mais qui divise au Danemark à la veille des élections législatives

Le président des Libéraux, qui appartenait aussi à la majorité gouvernementale sortante, a exclu de collaborer à nouveau avec la gauche. « Il y a désormais deux options évidentes pour le Parti libéral : soit nous obtenons un gouvernement de centre-droit, soit nous passons dans l’opposition », a dit Troels Lund Poulsen devant ses supporteurs.

Le Parti populaire danois, un parti d’extrême droite anti-immigration qui a longtemps pesé avant de chuter en 2022, fait plus du triple de son score précédent, atteignant 9,1 % des voix. « Je trouve cela merveilleux et magnifique. Tripler le nombre des voix est une expression remarquable du soutien du peuple danois à mon parti », a affirmé à l’Agence France-Presse (AFP) Morten Messerschmidt, le chef de cette formation, se félicitant des bons résultats de l’extrême droite en Europe. « Nous attendons tous maintenant de voir ce qui va se passer en France, nous attendons de voir ce qui se passe en Hongrie, aux Pays-Bas et, bien sûr, au Royaume-Uni avec Nigel Farage. Ce sont tous des partis très performants et j’espère qu’ils vont eux aussi tripler » le nombre des suffrages en leur faveur, a-t-il ajouté.

Les enjeux écologiques et sociaux au cœur du scrutin

Mette Frederiksen dirigeait depuis 2022 un gouvernement de coalition constitué des sociaux-démocrates, des libéraux de Venstre (droite) et des Modérés. La cheffe du gouvernement sortant, qui avait voté à l’avance, a passé une partie de la journée à Aalborg, son fief électoral du nord-ouest du pays, avec des Groenlandais vivant au Danemark. Généralement reconnue pour son leadership, elle dirige le gouvernement danois depuis 2019.

Le Groenland et les îles Féroé, des territoires autonomes, envoient chacun au Parlement danois deux députés. A Nuuk, la capitale du Groenland, les électeurs ont fait la queue pour voter dès l’ouverture des bureaux. « Il s’agit des élections les plus importantes pour le Parlement danois et pour le Groenland de l’histoire », a déclaré à l’AFP le premier ministre groenlandais, Jens-Frederik Nielsen.

Le Monde Application

La Matinale du Monde

Chaque matin, retrouvez notre sélection de 20 articles à ne pas manquer

Télécharger l’application

Newsletter abonnés

« International »

L’essentiel de l’actualité internationale de la semaine

S’inscrire

Evénement

Les Amphis de l’info

À l’heure de l’IA et des réseaux sociaux, l’info se questionne : aux « Amphis de l’Info » des journalistes viennent à votre rencontre.

Découvrir

Le Monde Mémorable

Testez votre culture générale avec la rédaction du « Monde »

Testez votre culture générale avec la rédaction du « Monde »

Découvrir

Newsletter

« A la une »

Chaque matin, parcourez l’essentiel de l’actualité du jour avec les derniers titres du « Monde »

S’inscrire

Evénement

Les Amphis de l’info

À l’heure de l’IA et des réseaux sociaux, l’info se questionne : aux « Amphis de l’Info » des journalistes viennent à votre rencontre.

Découvrir

La campagne politique au Danemark, pays prospère de six millions d’habitants, a surtout tourné autour de questions intérieures comme le coût de la vie, l’Etat providence et l’environnement. Le modèle de l’agriculture intensive, particulièrement l’élevage porcin, a été au centre de la campagne. Face à une extrême droite puissante depuis la fin des années 1990, il a aussi été question d’immigration, les sociaux-démocrates plébiscitant un nouveau tour de vis en la matière.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Au Danemark, la pollution de l’eau potable au cœur de la campagne électorale

Le Monde avec AFP

Share.
Exit mobile version