- Les 15 et 22 mars prochains auront lieu les élections municipales.
- À Menton, le maire actuel ne se représente pas, et un duel se dessine entre une députée RN qui part favorite et Louis Sarkozy, qui espère ainsi mettre résolument un pied en politique.
- Candidats, nombre d’électeurs, enjeux : TF1info vous explique tout ce qu’il faut savoir sur le scrutin mentonnais.
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Élections Municipales 2026
Ils seront quelque 22.000 électeurs appelés à glisser leur bulletin dans l’urne lors des 15 et 22 mars prochains. Les résultats des municipales seront scrutés de près à Menton, une station balnéaire des Alpes-Maritimes à la frontière italienne (nouvelle fenêtre). Louis Sarkozy, le fils de l’ex-président Nicolas Sarkozy (nouvelle fenêtre), y affrontera une députée RN qui s’annonce favorite, mais aussi plusieurs concurrents de droite. Une seule liste tentera de faire entendre la voix de la gauche dans cette course.
Depuis le décès en 2021 du baron local Les Républicains Jean-Claude Guibal, aux manettes de la ville depuis plus de 30 ans, les secousses se sont accumulées pour la commune. Face à un bilan contesté, le maire sortant divers droite Yves Juhel n’a pas souhaité se représenter, visé par ailleurs par une enquête judiciaire pour détournements de fonds dans la gestion des ports. Plusieurs listes vont se disputer sa succession, un scrutin qui pourrait bien représenter un enjeu au niveau national également.
Les principaux candidats
– Louis Sarkozy : à 28 ans, le fils de l’ancien président espère faire une entrée réussie dans le monde politique, lui qui n’a jamais exercé de fonctions dans ce domaine jusqu’alors. S’il a grandi aux États-Unis (nouvelle fenêtre) et n’a acheté un pied-à-terre à Menton qu’à l’été dernier, cet écrivain et chroniqueur assume être Mentonnais « d’adoption »
, prêt à injecter du « sang neuf »
. Il a reçu le soutien de LR et de Horizons, ainsi que du parti présidentiel Renaissance. Quant à ses propositions, souvent choc, certaines d’entre elles ont fait particulièrement polémique, comme la suppression des feux rouges (nouvelle fenêtre) ou encore un service militaire obligatoire pour 10% des nouveaux immigrants.
– Alexandra Masson : la députée RN des Alpes-Maritimes de 54 ans fait figure de favorite dans cette commune de 31.000 habitants, qui l’avait réélue dès le premier tour avec près de 56% des voix lors des législatives de 2024 (nouvelle fenêtre). Cette ancienne avocate niçoise compte miser sur son ancrage local et sa notoriété sur place pour l’emporter, face à un Louis Sarkozy qu’elle accuse de « parachutage »
. Elle défend un programme de fermeté, en particulier sur la sécurité, proposant notamment une hausse de 80% des effectifs de la police municipale. La candidate d’extrême droite a aussi reçu le soutien de l’UDR d’Éric Ciotti, allié du RN.
– Sandra Paire : cette conseillère municipale et régionale, ex-première adjointe de Jean-Claude Guibal, espérait que LR la soutienne à nouveau, comme lors des municipales anticipées en 2022. Elle a donc vécu comme une trahison que le parti plébiscite Louis Sarkozy, au point de se filmer en train de découper sa carte d’adhérente. La frondeuse a malgré tout décidé de se maintenir en lice, défendant sa « connaissance du territoire »
contre un « candidat parachuté »
. Et ce, malgré ses démêlés judiciaires : condamnée en appel à deux ans d’inéligibilité pour prise illégale d’intérêt, elle s’est pourvue en cassation.
– Florent Champion : à droite toujours, cet ancien adjoint d’Yves Juhel a lui aussi décidé d’entrer dans la course. Ce vice-président du Centre communal d’action sociale s’était peu à peu distancié de l’actuel maire de 79 ans, jusqu’à acter complètement la rupture en quittant sa majorité l’an passé. Il se défend de toute continuité avec l’édile, fait lui aussi valoir un ancrage local et défend un programme centré notamment sur le renforcement des investissements publics.
– Émilie Ria : refusant toute alliance avec le RN, cette infirmière puéricultrice de 34 ans portera les couleurs de Reconquête!, le parti d’Éric Zemmour, qui avait obtenu dans la ville près de 15 % des voix lors de l’élection présidentielle en 2022, soit plus du double que son score national (nouvelle fenêtre). Dans une interview à Nice-Matin
(nouvelle fenêtre), elle se décrit comme une « enfant du pays »
et une candidate de la « vraie droite »
, pour « tourner la page »
du « centre-droit »
.
– Laurent Lanquar-Castiel : face à la multitude des listes de droite, ce candidat commun de la gauche, de LFI au PS, espère que l’union fera la force. En 2022, sa famille politique s’était lancée en ordre dispersé et n’avait obtenu aucun siège au conseil municipal, un scénario qu’il ne veut pas voir se reproduire. Secrétaire départemental des Écologistes des Alpes-Maritimes, cet ingénieur architecte et urbaniste plaide pour une « écologie des solutions »
, tout en défendant la « démocratie participative »
.
Le mode de scrutin
Le vote est un scrutin de listes à deux tours, proportionnel et paritaire, avec prime majoritaire. Lors du premier tour, qui aura lieu le dimanche 15 mars (nouvelle fenêtre), une liste qui obtiendrait la majorité absolue des suffrages exprimés, à savoir plus de 50 % des voix, obtiendrait directement 50% des sièges au conseil municipal. Les autres sièges seraient alors répartis entre toutes les listes, y compris celle qui l’a emporté, dès lors qu’elles ont obtenu plus de 5% des suffrages exprimés (nouvelle fenêtre).
Si aucune liste n’atteint directement plus de la moitié des voix, un second tour est nécessaire : seules les listes qui ont obtenu au moins 10% des suffrages peuvent rester en lice. Elles peuvent connaître des modifications, notamment par fusion avec d’autres listes pouvant se maintenir ou fusionner. Celles ayant rassemblé au moins 5% des votes peuvent fusionner avec celles qui concourent toujours.
La liste qui arrive alors en tête du scrutin récupère la moitié des sièges, et les autres sont répartis entre toutes les listes, là encore dès lors qu’elles ont obtenu 5% des bulletins de vote, comme au premier tour. Le conseil municipal se réunit ensuite au plus vite pour élire le maire et ses adjoints (nouvelle fenêtre).
Les enjeux
Avec cette élection, tous les candidats promettent de tourner la page du maire actuel, de plus en plus isolé, et des scandales qui ont secoué la commune. Mais le scrutin dans la capitale du citron (nouvelle fenêtre) pourrait aussi envoyer un signal fort à l’échelle nationale pour de nombreux partis, à commencer par le RN, dont la candidate Alexandra Masson semble la mieux placée. Le parti à la flamme espère en effet faire basculer les villes moyennes dans son giron, et en particulier sur le littoral méridional, un élan qui lui serait précieux à un an de la présidentielle (nouvelle fenêtre). Reste à savoir si la candidate Reconquête! pourrait lui compliquer la tâche.
De son côté, la partie est loin d’être gagnée pour Louis Sarkozy, personnalité médiatique en plein essor, mais qui pâtit d’un manque d’ancrage local, si bien que les candidatures divers droite de Sandra Paire et Florent Champion pourraient lui faire de l’ombre. En outre, sa personnalité clivante et ses déclarations passées ont parfois jeté l’embarras au sein même des partis qui le soutiennent.
Ce grand admirateur de Napoléon, qui affiche son soutien au président américain Donald Trump ou au président libéral argentin Javier Milei, a d’abord rejeté tout « cordon sanitaire »
avec le parti d’extrême droite, au diapason de son propre père. Le mois dernier, il s’était dit « prêt à travailler avec Reconquête et le RN »
, « tout sauf LFI »
, dans les colonnes du Figaro
(nouvelle fenêtre). Avant de finalement assurer qu’« aucune alliance n’a été et ne sera envisagée avec le RN »
, sommé de « clarifier »
les choses (nouvelle fenêtre) par le parti macroniste. Renaissance a alors assumé le soutenir, « dans la configuration locale où le RN est de plus en plus présent »
… tout en insistant sur le fait que cette décision a été « prise à l’échelon local »
, par les instances départementales du parti.
S’il parvient à mettre la main sur la mairie de Menton, le fils de Nicolas Sarkozy gagnerait un poids nouveau dans le paysage politique au centre et à droite, juste avant le scrutin de 2027. D’autant qu’aux yeux de certains de ses adversaires, son agenda politique est loin de s’arrêter à la commune portuaire. Auprès du site Nice Presse, Florent Champion s’en est par exemple pris à des « candidatures parachutées, pensées comme des tremplins politiques »
.

