• Le bien-être animal est un sujet de plus en plus plébiscité par les Français.
  • Alors dans cette campagne, les candidats multiplient les propositions à destination des propriétaires d’animaux de compagnie.
  • Les aspirants maires sont aussi plus sollicités par les associations que lors d’autres élections, puisqu’il est plus facile d’avoir un impact sur le sujet à l’échelle locale.

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Élections Municipales 2026

Est-ce une nouveauté de cette campagne électorale ? Dans les programmes des candidats aux élections municipales, partout en France, on a vu fleurir les propositions à destination des propriétaires d’animaux de compagnie. Si la sécurité, le logement ou la santé sont toujours les thèmes jugés prioritaires par les Français dans ce scrutin, il est malgré tout de plus en plus difficile pour les candidats d’échapper au sujet du bien-être animal, qui prend de l’ampleur dans la société. 

C’est ce qu’a constaté l’Ifop, dans une étude réalisée pour 30 millions d’amis publiée le 23 février (nouvelle fenêtre). Dans la présentation de son sondage, l’institut remarque que si les Français ont de « fortes attentes » sur des sujets comme « la sécurité et l’offre de soin, très liées aux sources d’inquiétudes des Français », ils attendent également de leurs futurs maires qu’ils agissent dans des « domaines d’actions » dans lesquels les politiques nationales sont défaillantes, comme la condition animale.

L’intégration de l’animal en ville importante pour 58% des Français

Ainsi, 58% des Français jugent l’intégration de l’animal en ville et l’amélioration de la condition animale comme importantes, voire prioritaires pour la municipalité. À la question « Diriez-vous que les prises de position ou les mesures annoncées par un candidat en faveur de la cause animale seraient susceptibles de vous inciter à voter pour lui ? », 51% répondent « oui ». Ils sont 58% à estimer que les candidats ne parlent pas assez, voire pas du tout, du sujet dans leur commune. 

L’enquête montre par exemple que 88% des sondés sont favorables et tout à fait favorables à l’amélioration de la gestion des animaux errants. 85% prônent la mise en place d’un programme de stérilisation et d’identification des chats errants pour maîtriser la prolifération. 

Le 25 février, la SPA a d’ailleurs publié un film de fiction à destination des candidats aux municipales qui les appelle à « une mobilisation massive des communes afin de généraliser la stérilisation et l’identification des chats errants », qui représentent les deux tiers des animaux qu’elle recueille. L’association a lancé une pétition pour exhorter les maires et élus à renforcer leurs politiques en la matière, précisant que « la gestion de l’errance féline relève de la responsabilité des communes ».

Le levier municipal, « plus efficace que le niveau législatif »

Au-delà d’une « attente croissante sur le bien-être des animaux domestiques et sauvages ou les conditions d’élevage », comme l’indique à l’AFP la directrice des affaires publiques de la fondation Brigitte Bardot Adriana Oancea, pour les associations « le levier municipal est souvent plus efficace que le niveau législatif où les propositions de loi s’accumulent sans être adoptées ». Elle-même a formulé 11 propositions aux candidats, parmi lesquelles la lutte contre les abandons, l’aménagement de plages pour chien ou le bannissement du foie gras des réceptions officielles.

Pour l’association L214, ces élections « sont très importantes car le maire peut agir concrètement sur la végétalisation de l’alimentation », souligne Erwin Goellner, chargé de la campagne municipale. Chaque association se mobilise sur son créneau. La Ligue de protection des oiseaux (LPO) interpelle les candidats sur la protection des espaces naturels (haies, forêts…) ou la réduction de la pollution lumineuse qui fragilise les espèces nocturnes. À Lyon, l’association PAZ a demandé aux candidats de s’engager sur la fermeture du zoo.

« Mais attention à ‘l’animal washing’ (faire semblant de s’occuper de la cause animale, ndlr) », prévient le Parti animaliste. « La condition animale ne se résume pas à des sujets faciles à porter, comme l’ouverture de parcs canins », prévient sa coprésidente Mira Markovic. Le parti a noué des alliances dans 68 communes, a-t-il indiqué lundi 2 mars. Dans ces alliances, en cas de victoire, le représentant du Parti animaliste sera adjoint au maire à la tête d’une délégation transversale à la condition animale. « Un de nos objectifs, c’est de faire comprendre que la question animale est une question politique. Un conseiller animaliste va avoir plus de hargne pour le porter tout au long des six ans de son mandat », a plaidé Mira Markovic.

Sentiers « 4 pattes », cimetières pour animaux ou accès des chiens aux transports publics

Cet appel des citoyens, plusieurs candidats l’ont entendu. À Paris, où le nombre de propriétaires de chiens est estimé à 100.000 et celui de chats à 250.000, le 14 janvier dernier, la candidate de la droite Rachida Dati a dévoilé des propositions rédigées spécialement à destination de ceux-ci. « Rempart contre l’isolement », facteur d’« équilibre émotionnel » et d’« activité physique », les animaux peuvent aussi devenir « source de difficulté pour leurs propriétaires » en ville, selon la candidate des Républicains. Ainsi, afin de « donner toute leur place aux animaux en ville », elle propose de créer des « sentiers Paris 4 pattes » où les chiens pourront être détachés dans chaque arrondissement et déployer des caniparcs « répondant à un cahier des charges exigeant ». Elle veut aussi passer l’amende pour non-ramassage des déjections canines de 135 à 300 euros et rendre obligatoire le port de sacs de propreté, avec contrôle possible de la police municipale. 

Son principal adversaire, le socialiste Emmanuel Grégoire, y est allé lui aussi de ses propositions. Il propose par exemple d’ouvrir tous les parcs aux chiens tenus en laisse et de permettre des consultations vétérinaires solidaires dans la Maison de l’Animal en ville. Il veut aussi créer un jardin du souvenir, « espace de recueillement pour accompagner les Parisiennes et les Parisiens dans le lien qui les unit à leurs animaux ». Il a pour le soutenir le compte Instagram de campagne au nom le plus original : « hotdogswithemmanuelgregoire ».

À Marseille, Benoît Payan (PS) et Martine Vassal (LR) proposent de créer un cimetière animalier. À Menton, Louis Sarkozy a inauguré une « Toutou permanence » et propose de créer des « parcs à chiens modernes avec des aménagements adaptés, notamment des points d’eau et des aires d’ébats », et « plus généralement, on veut que Menton devienne une ville refuge de la biodiversité », argumente-t-il. Aussi à Brest, de nombreux candidats se prononcent pour l’accès des animaux sur le réseau de transport public. 

Justine FAURE

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