• Les trois plus grandes métropoles françaises ont conservé leurs maires de gauche après le second tour des élections municipales.
  • Si à Lyon le perdant Jean-Michel Aulas a annoncé déposer un recours face aux résultats serrés, la victoire est sans appel à Marseille et Paris.

Suivez la couverture complète

Élections Municipales 2026

Le choix de la stabilité. Après une campagne incertaine, les forces de gauche ont conservé, dimanche 22 mars à l’occasion du second tour des élections municipales, les trois plus grandes métropoles de France en réélisant les maires sortants à Marseille et Lyon et en choisissant le candidat du Parti socialiste, des Écologistes et du PCF, Emmanuel Grégoire à Paris. 

Paris : résultat sans appel

Dans la capitale française, l’ampleur de la victoire a surpris. Face à Rachida Dati, candidate LR, ex-ministre de la Culture et soutenue par Emmanuel Macron et à Sophia Chikirou pour La France insoumise, Emmanuel Grégoire a remporté la mairie avec une large avance. Le successeur d’Anne Hidalgo, 48 ans, a totalisé 50,52% des suffrages, neuf points devant la candidate de la droite et du centre Rachida Dati, qui a échoué une deuxième fois à ravir la capitale à la gauche, aux commandes depuis 25 ans. L’Insoumise Sophia Chikirou est arrivée troisième, avec 7,96% des voix.

« Paris a décidé de rester fidèle à son histoire », s’est félicité Emmanuel Grégoire depuis la Rotonde de Stalingrad (nord-est), acclamé par les militants. Le député PS et ex-premier adjoint de la maire sortante voit dans son succès « une promesse exigeante » et « la victoire d’une certaine idée de Paris, un Paris vivant, progressiste, populaire ». « Ce n’est pas la victoire d’un Paris contre un autre », a ajouté Emmanuel Grégoire, dont les sondages prédisaient une victoire sur le fil du rasoir.

Rachida Dati, déjà battue en 2020 par Anne Hidalgo, a reconnu dans un message lapidaire qu’elle n’avait « pas réussi à convaincre suffisamment » que le changement « était non seulement possible, mais surtout qu’il était nécessaire ».

Marseille : élection confortable

Comme à Paris, dans la cité phocéenne, le résultat est sans appel. Benoît Payan a été réélu avec 54,34% des voix, soit 14 points de plus que le député RN Franck Allisio (40,30%). Marseille est « restée unie », a lancé ému le maire sortant. Le basculement à gauche de la deuxième ville de France, après 25 années de règne de la droite, avait constitué un choc des municipales de 2020. Le score du RN le 15 mars avait été un des événements du premier tour, même si le retrait de LFI avait éloigné les chances de victoire de l’extrême droite.

« Les Marseillaises et les Marseillais viennent de nous donner une victoire nette, claire. Ils viennent d’adresser un message, un message de paix, de concorde et de rassemblement », a déclaré Benoît Payan, 48 ans, dans une première réaction. Côté RN, le parti d’extrême-droite, même largement distancé, réalise un très fort score, prenant clairement la place de la droite classique, six ans après sa défaite après 25 ans de règne de Jean-Claude Gaudin. 

Tous les regards se tournent désormais vers la métropole Aix-Marseille-Provence que dirigeait jusqu’à présent Martine Vassal et dont le nouveau conseil se réunira début avril. 

Lyon : résultats serrés et recours

Dans la capitale des Gaules, le maire écologiste sortant Grégory Doucet a été réélu de peu face à l’ex-patron de l’Olympique lyonnais Jean-Michel Aulas. À la tête d’une coalition de gauche ayant fait alliance avec LFI dans l’entre-deux-tours, Grégory Doucet l’emporte avec 50,67% contre 49,33% à Jean-Michel Aulas, adoubé par la droite et le centre, soit moins de 3.000 voix d’avance, selon les résultats définitifs.

« Nous saurons être les défenseurs des politiques sociales et écologiques qui ont fait de ce territoire un territoire inspirant, prospère et solidaire », a déclaré Grégory Doucet, ancien humanitaire de 52 ans, à son QG dans la soirée, sous les acclamations de ses supporteurs. Jean-Michel Aulas, qui a eu 77 ans ce dimanche, n’a pas reconnu sa défaite à ce stade. Évoquant des résultats très « serrés », et « un certain nombre d’irrégularités commises pendant le scrutin », sans autre précision, il a dit vouloir déposer un recours « dès que le dossier sera bien ficelé ».

En revanche, les écologistes perdent la Métropole de Lyon, véritable siège du pouvoir local, où les listes de Véronique Sarselli, candidate LR et alliée de Jean-Michel Aulas, ont obtenu une majorité absolue d’élus.

A.B.

Share.
Exit mobile version