- Au 25e jour du conflit au Moyen-Orient, plusieurs médias américains affirment que des troupes supplémentaires de l’armée américaine vont arriver dans la région ce vendredi 27 mars.
- Il s’agirait notamment d’une brigade de la 82e division aéroportée de l’armée de terre.
- Cette unité s’était particulièrement distinguée lors du débarquement de Normandie en juin 1944 et pendant la conquête de l’Irak en 2003.
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Alors que les déclarations de Donald Trump semblent ouvrir la porte à des négociations entre Téhéran et Washington, de nouvelles troupes américaines devraient arriver dans la région ce vendredi 27 mars. Il s’agit de 2.500 hommes de la 31e unité expéditionnaire des Marines et de trois navires supplémentaires, dont l’USS Tripoli basé au Japon, rapportait vendredi 20 mars The Wall Street Journal.
Selon un rapport du New York Times
, publié lundi soir, d’autres combattants , 3.000 au total, proviendraient de la 82e division aéroportée et pourraient être utilisés pour s’emparer de l’île de Kharg, d’où partent environ 90% des exportations de brut de l’Iran, afin de forcer Téhéran à rouvrir le détroit d’Ormuz.
Toujours selon le New York Times
, ces deux divisions pourraient agir ensemble. L’attaque initiale pourrait, par exemple, être menée par les Marines, car ils ont le savoir-faire pour réparer les pistes de l’aérodrome de l’île endommagées par les bombardements américains du 13 mars dernier. Ensuite, l’armée de l’air pourrait acheminer du matériel et des troupes, dont cette 82e division aéroportée.
Mais l’inverse est aussi tout à fait possible, confiait à LCI le général Jean-Paul Paloméros, ancien commandeur suprême de l’Otan. Avec un parachutage d’abord, puis un débarquement. Les deux divisions sont en tout cas parfaitement complémentaires, car les Marines de la 31e apportent leurs blindés, tandis que la 82e division ne dispose pas d’équipements lourds. Elle est en revanche plus discrète, car ses parachutistes peuvent arriver de nuit.
Pour autant, à ce stade, aucun ordre du Pentagone ni du commandement central américain n’a encore été donné pour envoyer la 82e, mais une « planification prudente »
était en cours, ont déclaré de hauts responsables de la défense au Times.
La 82e entre dans la légende au cours de la Seconde Guerre mondiale
La 82e division aéroportée, basée à Fort Bragg, en Caroline du Nord, compte près de 20.000 hommes, dont une brigade de combat de 4.000 à 5.000 hommes, appelée Force de réaction immédiate. Sa doctrine : sauter derrière les lignes ennemies pour frapper vite, fort et de manière imprévisible. Cette unité d’élite de parachutistes est entraînée à un niveau d’exigence extrême : marches forcées, sauts de nuit, combats urbains, afin d’être capables de tenir seuls jusqu’à l’arrivée des renforts. Elle est prête à être déployée en 18 heures n’importe où dans le monde, fidèle à sa devise : « All the way! »
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Surnommée « All American » – à l’origine de son célèbre insigne d’épaule « AA » – du fait de la diversité géographique de ses premiers soldats, elle entre véritablement dans la légende au cours de la Seconde Guerre mondiale. Le soir du 5 juin 1944, les éclaireurs (pathfinders
) de la 82e division aéroportée sont les premiers soldats alliés à décoller d’Angleterre, puis, peu de temps après, les premiers à toucher le sol français en vue de baliser les zones de largage des deux divisions de parachutistes américains : la 82e et la 101e. Peu après, dans la nuit du 5 au 6 juin, la 82e et la 101e sautent sur le flanc ouest de la plage d’Utah Beach prévue pour le débarquement. Puis, un détachement de la 82e s’empare de Sainte-Mère-Église.
Quelques mois plus tard, en septembre 1944, la 82e est engagée dans l’opération Market Garden aux Pays-Bas, où elle doit s’emparer des ponts de la Meuse et du Waal. Les combats sont acharnés et coûtent cher en vies humaines. Mais la division tient ses positions jusqu’au bout. Puis, en décembre 1944, lors de la bataille des Ardennes, elle est envoyée en urgence pour bloquer l’offensive allemande. Dans le froid glacial et la neige, les « All American » résistent aux assauts répétés. À la fin de la guerre en Europe, la 82e Airborne est considérée comme l’une des formations les plus décorées et respectées de l’armée américaine. Sur la totalité du conflit mondial, la division déplore la perte de 1.619 tués au combat, 6.560 blessés et 332 morts de leurs blessures.
Après la Normandie en juin 1944, la division a été partout, du Vietnam au Kosovo, et a participé à tous les conflits importants dans lesquels les États-Unis ont été engagés. Comme l’opération « Liberté irakienne » durant l’hiver 2003. La 82e aéroportée avait notamment reçu pour mission la stabilisation de l’ouest sunnite irakien, en particulier la ville de Falloujah.
De son côté, la Force de réaction immédiate a été sollicitée ces dernières années pour renforcer la sécurité de l’ambassade américaine à Bagdad, peu avant l’élimination par l’armée, en 2020, de Qassem Soleimani, commandant de la Force Qods iranienne, responsable de centaines d’attaques meurtrières contre des militaires américains au Moyen-Orient.
Elle a également joué un rôle central dans l’évacuation d’Afghanistan en 2021 et dans la démonstration de force américaine en Europe de l’Est, alors que la Russie se préparait à envahir l’Ukraine en 2022, détaillait début mars The Washington Post
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