Emmanuel Macron à la base navale de Cherbourg pour ses vœux aux armées, le 19 janvier 2024.

Emmanuel Macron présente, jeudi 15 janvier, ses vœux aux armées, un rendez-vous très attendu alors que la France est toujours en quête d’un budget pour 2026, sur fond de tensions géopolitiques, y compris transatlantiques, et de besoins militaires croissants. Le chef des armées va « donner ses orientations pour la défense nationale » devant un parterre d’un millier d’invités, à 12 h 30, sur la base aérienne stratégique d’Istres (Bouches-du-Rhône), qui abrite l’arme nucléaire, à 60 kilomètres au nord-ouest de Marseille, a précisé l’Elysée.

Il sera accompagné de la ministre des armées, Catherine Vautrin, et de sa ministre déléguée, Alice Rufo, ex-conseillère à la cellule diplomatique de l’Elysée. Un conseil de défense a été convoqué en urgence jeudi à 8 heures à l’Elysée, a appris l’Agence France-Presse. Doivent y être évoquées les manifestations en Iran réprimées par les autorités et les menaces américaines de prise de contrôle du Groenland, avant que le président ne se rende à Istres.

Ainsi, le Groenland, territoire autonome du Danemark dont le président américain veut s’emparer par « tous les moyens » au mépris de l’Alliance transatlantique (OTAN), et l’Ukraine seront aussi centre de l’attention lors de son discours. Dans ce contexte de crise sans précédent au sein de l’OTAN, la France a annoncé mercredi soir sa participation à une mission militaire européenne au Groenland, aux côtés de la Suède et de l’Allemagne.

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Responsables politiques et militaires vont aussi guetter tous les mots relatifs à la discussion budgétaire, toujours dans l’impasse au Parlement, alors qu’Emmanuel Macron a demandé d’augmenter de 3,5 milliards les crédits des armées en 2026.

« Effectivement, c’est un moment qui sera très probablement axé sur ce sujet-là », relève un conseiller militaire du président, en rappelant que le chef de l’Etat avait déjà pris l’engagement à Istres en 2017 de porter l’effort de défense de la France à 2 % du PIB en 2025 : objectif atteint.

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Budget de la défense

La loi de programmation militaire (LPM) votée en juillet 2023 prévoit 413 milliards d’euros pour les armées de 2024 à 2030. Mais, « face à un monde de plus en plus brutal », Emmanuel Macron a demandé une rallonge budgétaire de 3,5 milliards d’euros en 2026 et de 3 milliards en 2027. L’actualisation de la LPM, plusieurs fois reportée, doit intervenir désormais avant l’été. Ainsi, le budget de la défense aura quasiment doublé sous les deux mandats d’Emmanuel Macron pour atteindre 64 milliards d’euros annuels dès 2027 et non plus 2030.

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Le chef de l’Etat a aussi fait de la restauration du service national, rémunéré et volontaire, un de ses chantiers pour 2026. Les armées comptent enrôler 3 000 personnes issues de ce service cette année (1 800 dans l’armée de terre, 600 dans celle de l’air et de l’espace et 600 dans la marine), puis 4 000 en 2027, 10 000 en 2030, avec 42 500 comme ambition en 2035.

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Le président prononcera également cette année, probablement en février, un discours sur la dissuasion nucléaire, clé de voûte de la stratégie de défense de la France. Il a déjà évoqué à plusieurs reprises « la protection par notre dissuasion de nos alliés du continent européen », compte tenu de la menace que représente notamment « la Russie […] pour la France et l’Europe ».

Après un déjeuner avec les militaires et une visite de la base, M. Macron embarquera à bord d’un avion ravitailleur et de transport de troupes – un Airbus A330 MRTT (Multirole Tanker Transport) − piloté par l’astronaute Thomas Pesquet, à destination d’Orly. L’ancien commandant de la Station spatiale internationale est depuis août 2024 colonel de réserve dans l’armée de l’air, affecté à Istres, et a « tous les brevets et diplômes pour piloter un MRTT », a précisé l’Elysée.

Le président assistera au décollage et à l’atterrissage depuis le cockpit ainsi qu’à un ravitaillement de chasseurs Rafale en vol. Une équipe de santé lui présentera aussi les capacités d’évacuation sanitaire, jusqu’à dix blessés graves, dans les conditions d’un service de soins intensifs, à bord de l’appareil.

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Le Monde avec AFP

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