• Le président de la République Emmanuel Macron se rend ce lundi à l’Île Longue (Finistère).
  • Il doit y tenir un discours très attendu sur la doctrine nucléaire française.

C’est un rendez-vous prévu de longue date, bien avant que le Moyen-Orient s’embrase. Ce lundi 2 mars, le président de la République Emmanuel Macron est attendu dans l’après-midi à l’Île Longue, dans la rade de Brest (Finistère), pour tenir un discours sur la doctrine nucléaire française. Le chef de l’État doit s’exprimer devant un sous-marin nucléaire lanceur d’engins (SNLE), symbole ultime du feu nucléaire.

Le lieu n’a pas été choisi au hasard : c’est ici que sont stationnés les quatre sous-marins nucléaires lanceurs d’engins assurant la composante océanique de la dissuasion nucléaire française, aux côtés des forces aériennes stratégiques. Au moins l’un d’eux est systématiquement présent en mer pour assurer la dissuasion française. « Ce sera un moment important du mandat. Il y aura sans doute des bascules et des évolutions assez significatives », relève-t-on dans l’entourage du Président.

Vers des « exercices communs » avec « des pays-clés » ?

Nul doute que cette prise de parole devrait agiter la classe politique : à chaque fois qu’Emmanuel Macron évoque la « dimension européenne » de la dissuasion française, une partie de ses opposants l’accusent de vouloir brader la bombe. Or, son discours devrait s’inscrire dans le prolongement de celui du 7 février 2020, lorsqu’il avait proposé aux Européens un « dialogue stratégique » sur le « rôle de la dissuasion nucléaire française » dans la sécurité collective de l’Europe et des exercices communs dans ce domaine ultrasensible de la souveraineté nationale.

La France est le seul pays de l’Union européenne, et le seul pays européen avec le Royaume-Uni, à disposer de l’arme nucléaire. Tous les autres pays sont protégés par la dissuasion élargie américaine dans le cadre de l’Otan. Mais les États-Unis pressent les Européens d’assurer eux-mêmes leur sécurité. « L’idée qu’il y ait une dimension européenne dans la doctrine française de dissuasion nucléaire est présente depuis De Gaulle », rappelle-t-on du côté de l’Élysée.

Le chancelier allemand, Friedrich Merz, a évoqué le 13 février à Munich ses « discussions confidentielles » avec Emmanuel Macron sur « la dissuasion nucléaire européenne ». Le président français a alors souligné qu’il envisageait d’« articuler » la « doctrine nationale » française avec des « coopérations spéciales, des exercices communs, et des intérêts de sécurité communs avec certains pays-clés ». Mais Emmanuel Macron l’a aussi souvent rappelé : « la France ne paiera pas pour la sécurité des autres ».

I.N avec le service politique de TF1-LCI et AFP

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