De toutes les nominations auxquelles a procédé Emmanuel Macron depuis 2017, c’est sans doute la plus transgressive : en décidant de nommer la ministre des comptes publics, Amélie de Montchalin, à la tête de la Cour des comptes, le chef de l’Etat a certes exercé ses « prérogatives institutionnelles », comme on se plaît à le rappeler à l’Elysée, mais son choix s’inscrit en rupture avec les usages les plus ancrés de la Ve République.
Il est de tradition, en effet, de nommer Rue Cambon des sexagénaires en fin de parcours, n’ayant, selon la formule de l’ancien président du Conseil constitutionnel Laurent Fabius, « rien à redouter, ni rien à espérer ». Or, à 40 ans, Amélie de Montchalin pourrait encore prétendre à des responsabilités politiques majeures dans les années qui viennent.
D’autre part, la ministre des comptes publics, qui aura passé des mois à défendre le budget 2026 devant les députés, se retrouvera en quelques jours juge des comptes qu’elle a elle-même contribué à établir. La question, loin d’être rhétorique, souligne une tension inédite entre l’exécutif et une institution chargée, précisément, de le contrôler.
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