
Un émissaire de Donald Trump a annoncé jeudi 19 mars la libération de 250 personnes détenues en Biélorussie et la levée de sanctions américaines visant ce pays, après avoir mené des négociations à Minsk avec le président de la République, Alexandre Loukachenko.
Sur son compte X, où il dit être à la frontière biélorusso-lituanienne, John Coale a annoncé « la libération de 250 individus », saluant une « avancée humanitaire importante », sans préciser l’identité de ces personnes, ni s’il s’agissait de prisonniers politiques. Il a également publié une photo le montrant entouré d’une quinzaine de personnes, dont plusieurs hommes au crâne rasé – une règle en vigueur dans les prisons biélorusses.
L’ONG Viasna, qui documente les répressions en Biélorussie, a déclaré que plusieurs prisonniers politiques avaient été relâchés, dont deux de ses collaborateurs, Valentin Stefanovitch et Marfa Rabkova, en prison respectivement depuis 2021 et 2020, ainsi qu’une autre militante des droits humains, Nasta Loïko.
Cité par l’agence de presse d’Etat Belta, le service de presse de la présidence biélorusse a confirmé que 250 personnes avaient été graciées par Alexandre Loukachenko. Quelques minutes plus tôt, dans une vidéo diffusée par des médias d’Etat biélorusses après ces pourparlers, M. Coale a également annoncé la levée de sanctions visant deux banques biélorusses, le ministère des finances, ainsi que deux entreprises dans le secteur du potassium, un minerai produit en quantité importante par la Biélorussie et utilisé en particulier pour la fabrication d’engrais.
Plus d’un millier de prisonniers politiques
En décembre, John Coale s’était rendu en Biélorussie pour des négociations à l’issue desquelles il avait déjà annoncé une levée de sanctions américaines visant le potassium biélorusse. Minsk avait ensuite libéré des dizaines de prisonniers politiques, dont le militant Ales Bialiatski, colauréat du prix Nobel de la paix en 2022, et la figure de l’opposition Maria Kolesnikova. M. Bialiatski s’est dit jeudi « immensément heureux » de la libération de ces prisonniers, dénonçant l’« injustice absolue » de leur détention.
Alexandre Loukachenko, 71 ans, a écrasé plusieurs mouvements de contestation, dont le plus important, en 2020 et en 2021, lorsque des dizaines de milliers de Biélorusses avaient manifesté contre sa réélection, jugée frauduleuse. Depuis 2024, il a libéré à plusieurs reprises des personnes emprisonnées dans le cadre de ces répressions. Donald Trump encourage le pays à libérer ces prisonniers en échange de la levée ou de l’assouplissement des sanctions américaines prises pour punir ces persécutions politiques ainsi que le soutien de Minsk à l’invasion russe de l’Ukraine en 2022.
Néanmoins, les associations de défense des droits humains affirment que Minsk continue, parallèlement, à réprimer toute opposition et à emprisonner d’autres personnes. Selon l’ONG Viasna, la Biélorussie compte toujours plus de 1 100 prisonniers politiques, dans un pays de 9 millions d’habitants environ. Jeudi, après ces négociations à Minsk, John Coale a également évoqué « la possibilité d’un voyage du président Loukachenko aux Etats-Unis ».

