L’herbe court à perte de vue. Un ruisseau bruisse en son creux et les oiseaux, en cette matinée de fin d’hiver, se sont mis à gazouiller. De son pas assuré, John Reynolds parcourt le champ dans le paysage aux allures de steppes que sont les monts d’Arrée, dans le massif armoricain. « J’aime savoir que l’on n’est pas seul dans cette prairie, que je m’insère dans les dynamiques du vivant », expose l’éleveur d’une quarantaine de vaches à viande.

La prairie cachée dans la campagne autour de Sizun (Finistère), le Britannique d’origine l’entretient avec ses bêtes, qu’il déplace à mesure qu’elles broutent l’herbe. « Cela demande d’aller les voir tous les jours, c’est sûr. Mais on va bien donner à manger deux fois par jour aux poules et aux cochons », remarque le quadragénaire longiligne qui a décroché en 2022, pour la préservation de cet espace, le premier prix du concours local des prairies fleuries. Il certifie ne pas devoir travailler plus pour prendre soin de ce cadre bucolique. « Je m’adapte au milieu et à ses contraintes. L’important est de l’utiliser sans l’abîmer », assure-t-il.

Ce paysage herbacé devient pourtant de plus en plus rare à l’échelle de la Bretagne. La surface de prairies permanentes a chuté de 73 % entre 1970 et 2010, selon les données du Conservatoire botanique national de Brest (Finistère). La diminution de ces prairies s’est même accélérée entre 2020 et 2024, pour s’établir à 371 000 hectares, faisant de la Bretagne la région où leur disparition est la plus importante en France, avance la direction régionale de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt (Draaf) de Bretagne.

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