
A l’entrée du champ de 1,5 hectare de François Araujo gît un sapin desséché, comme égaré. Il fait partie des nombreux déchets qui ont dérivé là, après les inondations record qui ont touché Tabanac (Gironde), à la mi-février, après le passage de la tempête Nils. Des sacs d’engrais, que le maraîcher n’a pas eu le temps de ranger à temps, ont fermenté.
Ce 5 mars, la terre est encore gorgée d’eau et les toiles des serres arrachées par les vents violents sont pour la plupart au sol. Sur la tôle d’un conteneur, une ligne noire se veut le témoin de cette crue d’ampleur : ici, l’eau est montée à près de 1,50 mètre. Sur cette zone proche de la Garonne, régulièrement inondée, François Araujo constate généralement « 10, 20, 30 centimètres d’eau une à deux fois dans l’année », raconte-t-il en évaluant l’étendue des dégâts. C’est ce qui fait aussi la fertilité de ses sols et lui permet de n’arroser qu’une fois par semaine ses cultures en période estivale.
Mais le matin du jeudi 12 février, alors que la pluie et le vent montent en puissance, il prend vite conscience que « cette fois, c’est plus fort que d’habitude ». Le samedi suivant, il observe que, avec les forts coefficients des marées et les pluies incessantes, l’eau continue de monter : 50 centimètres le dimanche, 1 mètre le lundi et jusqu’à 1,50 mètre, au plus fort, le mardi. Rapidement, les pompiers lui déconseillent de se rendre sur ses terres. Trop dangereux, expliquent-ils. Ce sont quinze années de travail qu’il voit englouties. « Tous mes choux, mes poireaux étaient dans l’eau. Tout a flotté chez les uns, chez les autres », se désole-t-il, en montrant les légumes encore en terre, pourris par l’eau.
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