La scène a choqué au-delà de la République démocratique du Congo (RDC) : un médecin filmé en train de frapper violemment une patiente après l’accouchement de celle-ci à l’hôpital général de référence de Kinkole, un quartier de l’est de Kinshasa, mercredi 25 mars.
Sur les images, qui ont circulé sur les réseaux sociaux, on voit le praticien asséner plusieurs coups et gifles, puis saisir les poignets de la jeune femme, nue, allongée sur un lit, qui tente de se défendre et appelle à l’aide. Ni les soignants ni la personne qui tient la caméra ne s’interposent.
Poursuivi par le ministère public pour « coups et blessures aggravés », « atteinte à la vie privée », « tortures », et même « tentative de meurtre », David Balanganayi a comparu le 27 mars devant le tribunal de grande instance de Kinkole. Il a reconnu avoir porté des coups à sa patiente, Dorcas Muya, mais s’est défendu en expliquant qu’elle était en danger et l’empêchait de stopper l’hémorragie post-partum.
Le praticien, qui est aussi pasteur, a précisé qu’il avait souhaité que la scène soit filmée pour « se protéger » vis-à-vis de sa hiérarchie, au cas où sa patiente n’aurait pas survécu. « J’ai tout fait pour sauver une vie (…). Deux semaines avant ça, il y a eu un décès maternel », a-t-il plaidé, avant de fondre en larmes, causant une suspension d’audience.
Selon la description des faits apparaissant dans la plainte déposée, jeudi, par l’ONG Sauvons la corporation médicale, Mme Muya avait en effet besoin d’une suture post-partum. Mais elle se trouvait dans un « état de vulnérabilité physique et psychologique extrême », et la suture devait être effectuée a priori sans anesthésie.
« Les cas sont légion »
« Normalement, tout doit être consenti par la femme, explique Ambrocckha Kabeya, président du Conseil national de l’ordre des sages-femmes en RDC. Et la suture doit obligatoirement se faire sous anesthésie. » Malgré tout, il reconnaît que certaines femmes continuent de subir une pratique sans anesthésie – une Kinoise en a récemment témoigné auprès du média allemand Deutsche Welle.
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