« Ne jamais souscrire un produit que l’on ne comprend pas. » Ce conseil d’investissement, repris par le groupe de travail de l’Autorité des marchés financiers (AMF) sur la communication des produits structurés, semble assez peu écouté en l’occurrence. Ces placements financiers au fonctionnement complexe continuent de collecter toujours plus d’argent auprès des particuliers.

Entre 2021 et 2023, la collecte brute de ces placements, qui promettent un rendement selon les conditions de marché, a quasi doublé, passant de 23 milliards à 42 milliards d’euros. Pourtant, au-delà de leur fonctionnement, que bien des épargnants et même des conseillers peinent à expliquer, les informations communiquées sur ces investissements présentent des lacunes, notamment sur les frais.

Le groupe de travail de l’AMF a passé au tamis une quinzaine de produits structurés, de typologies, de durées et même d’années différentes. De son analyse, il ressort que les producteurs de ces placements (les « structureurs ») respectent généralement la réglementation, indiquant les mentions obligatoires devant figurer sur les documents légaux et marketing.

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L’information sur les placements est jugée néanmoins trop dispersée et trop jargonneuse, rendant sa compréhension difficile pour les épargnants. Mais, surtout, l’AMF remet sur la table l’épineuse question de la rémunération des structureurs et des distributeurs.

Formulations alambiquées

A leur souscription, les investisseurs doivent régler l’intégralité des frais de distribution, calculés sur le nombre d’années (théorique) que doit durer le produit (entre six et douze ans généralement). Or le groupe de travail nous apprend qu’un produit structuré ne dure en moyenne qu’un peu plus d’un an. L’écart est donc important, d’autant que l’investisseur n’est pas remboursé des sommes qu’il aurait versées « en trop ». Il serait ainsi le seul à perdre de l’argent en cas de scénario de marché négatif, qui lui ferait dépasser ses barrières de protection. Le producteur et le distributeur (parfois du même groupe), qui se partagent les frais de distribution, auront, eux, bien encaissé leurs commissions…

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