- Après deux semaines de cavale, Ilyas Kherbouch a été interpellé vendredi soir dans un village-vacances de Canet-en-Roussillon (Pyrénées-Orientales).
- L’homme s’était évadé de la prison de Villepinte (Seine-Saint-Denis), à 870 km de là, grâce à la complicité de faux policiers.
- Une équipe du 20H de TF1 vous explique comment les enquêteurs ont retrouvé la trace de « Ganito ».
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Le 20H
Après sept ans passés derrière les barreaux, il n’aura goûté à la liberté que treize jours. Ilyas Kherbouch, dit « Ganito », spécialiste du homejacking, condamné pour « violences ayant entraîné la mort » et « séquestration », a été arrêté vendredi 20 mars à Canet-en-Roussillon (Pyrénées-Orientales), à 870 kilomètres de son lieu de détention, après une évasion au nez et à la barbe de l’administration pénitentiaire.
Le 7 mars dernier, trois complices déguisés en policiers munis de faux documents se présentent à la maison d’arrêt de Villepinte (Seine-Saint-Denis), prétextant devoir transférer un détenu. Sans encombre, ils repartent avec « Ganito » et personne ne remarque la supercherie pendant au moins 48 heures.
Une scène suspecte dans un parking parisien
Coup du hasard, la BAC tombe sur une scène suspecte, deux jours plus tard, dans un parking en plein Paris. Un homme cagoulé change de voiture, avec dans sa main un sac plastique. À l’intérieur : un gyrophare, des brassards, des menottes, une perruque blonde et deux fausses cartes de police. L’homme et l’autre occupant de la voiture sont alors interpellés.
Au fil des interrogatoires et de l’exploitation d’un de leurs téléphones, les forces de l’ordre finissent par faire le lien. Ils comprennent deux jours trop tard que « Ganito » s’est évadé.
Interpellé avec une ex-surveillante pénitentiaire
L’homme est finalement rattrapé à une quarantaine de kilomètres de la frontière espagnole, le jour de son anniversaire, dans un logement village-vacances. « J’ai vaguement vu un gars avec des cheveux un peu frisés. C’est un voisin au-dessus qui est descendu en me disant
‘t’as pas entendu un coup de feu ?’ J’ai vu qu’il fermait tout, il tirait les rideaux… »
, raconte Bernard, qui habite en face, dans le reportage du 20H de TF1 ci-dessus.
La chambre louée par « Ganito » et la femme qui l’accompagnait, une ancienne surveillante pénitentiaire à la maison d’arrêt de Villepinte, présentée comme sa compagne, était méconnaissable ce dimanche matin. Matelas retourné, une dizaine de mégots au sol et un tas de cheveux, appartenant à l’évadé, qui voulait visiblement changer de tête.
Certains éléments laissent imaginer qu’il avait la volonté de quitter la France très rapidement, avant que les effectifs de la BRI des Pyrénées-Orientales et de l’Hérault, ainsi que la Brigade nationale de recherche des fugitifs (BNRF), ne l’interpellent près de l’Espagne. « Ganito » et l’ancienne surveillante pénitentiaire attendent maintenant d’être transférés à Paris.

