Selon nos informations, Mohamed Amra, sous le pseudo « La Faucheuse » sur Snapchat, a méticuleusement mis au point son évasion depuis sa cellule, le 14 mai dernier.
Les premières investigations tendent à démontrer que le narcotrafiquant est le chef d’orchestre du guet-apens ayant mené à la mort de deux agents pénitentiaires au péage d’Incarville (Eure), en mai 2024.
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Mohamed Amra arrêté après 9 mois de cavale
Il avait tout organisé. Mohamed Amra s’est évadé le 14 mai dernier alors qu’il était extrait de sa cellule en Normandie. Un commando avait alors attaqué, à la voiture-bélier et aux fusils d’assaut, le fourgon pénitentiaire à un péage pour libérer le narcotrafiquant, tuant deux agents pénitentiaires, Arnaud Garcia et Fabrice Moello, et en blessant trois autres.
Compte Snapchat pour missionner des proches
Selon les premières auditions des agents pénitentiaires, le criminel avait méticuleusement mis au point son évasion. « Mohamed Amra et les assaillants travaillaient ensemble. Il me disait qu’ils ne me feraient aucun mal », a indiqué un agent témoin de l’évasion. Ses neuf téléphones dissimulés dans sa cellule ont été analysés, poussant les enquêteurs à affirmer que Mohamed Amra avait préparé son évasion dès janvier.
Selon nos informations, il a utilisé son compte Snapchat sous le pseudonyme « La Faucheuse », distribuant des missions à des dizaines de proches de son quartier. Il leur a notamment demandé de voler les voitures utilisées pour l’évasion. « Mohamed Amra m’a écrit sur les réseaux sociaux depuis la prison. Il voulait que je prenne en photo une Peugeot 5008 dans la cité », a indiqué un de ses complices devant les enquêteurs. « Quand j’ai vu la voiture à la télévision, j’ai compris que Mohamed Amra était l’instigateur de son évasion », a-t-il poursuivi.
Amra m’a demandé d’acheter une échelle qu’il avait repérée sur un site
Amra m’a demandé d’acheter une échelle qu’il avait repérée sur un site
Un complice présumé
Il maîtrisait chaque détail, jusqu’à chercher par ses propres moyens une scie, une échelle, ou encore une disqueuse, transmettant des consignes précises à ses complices présumés. « Trois jours avant son évasion, Amra m’a demandé d’acheter une échelle qu’il avait repérée sur un site. Je devais la donner à un ‘petit’ du quartier, en lien avec lui. Pour cette mission, j’ai gagné 50 euros », a précisé l’un d’eux aux enquêteurs.
Un des complices présumés a également admis avoir déposé pour Mohamed Amra une vingtaine de colis à proximité de la prison. « Mon client n’ayant pas été entendu, nul ne peut prétendre connaître sa position. Le fait qu’il ait bénéficié de l’évasion ne signifie ni qu’il en soit l’instigateur, ni qu’il ait eu connaissance des moyens qui allaient être employés », défend l’avocat de Mohamed Amra, Me Lucas Montagnier, contacté par TF1.
Ce lundi, 24 nouvelles personnes ont été interpellées dans le cadre des investigations depuis l’arrestation du narcotrafiquant le 22 février en Roumanie. Au total, il s’appuierait sur 80 « fidèles », comme les appellent les enquêteurs. Depuis sa remise à la justice française, Mohamed Amra est incarcéré dans la prison ultra-sécurisée de Condé-sur-Sarthe (Orne).