• Le champ lexical et le vocabulaire des tubes de 2005, 2015 et 2025 ont complètement changé en vingt ans.
  • Les chansons francophones se sont aussi ouvertes à d’autres langues, selon une étude Babbel.

Les 50 plus grands succès francophones des classements SNEP (Syndicat national de l’édition phonographique) de 2005, 2015 et 2025 ont été passés au crible. En décortiquant leurs paroles, des tendances se dévoilent, selon l’analyse de la plateforme d’apprentissage des langues Babbel. Ainsi, en 2005, le champ lexical de l’amour domine avec 166 occurrences, suivi par celui de l’espoir et du bonheur (142 occurrences). L’année 2005 est marquée par le tube Un monde parfait d’Ilona Mitrecey, mais aussi Ma Philosophie d’Amel Bent ou encore Tout le bonheur du monde de Sinsemilia. Les mots de l’année sont « bouger », « espoir », « héros », « vacances » et « bonheur ». L’argent n’est mentionné que dix fois dans les 50 titres, quand le luxe et les marques ne sont pas abordés.

Dix ans plus tard, en 2015, le vocabulaire des 50 plus gros hits révèle une envie de partir. Le champ lexical de la liberté et de l’émancipation atteint 91 occurrences, son plus haut niveau depuis trois décennies. Les mots de l’année sont « route », « avenir », « demain ». L’amour recule par rapport à 2005 avec 82 occurrences et le bonheur tombe à 60 occurrences. L’argent est cité 52 fois.

L’ambition personnelle est plus présente

L’année 2025 marque un tournant par rapport à la décennie précédente. L’amour est moins présent, tandis que les armes et les voitures de luxe font leur apparition dans les titres de chansons. Le champ lexical de l’argent explose à 110 occurrences, onze fois plus qu’en 2005. Le luxe et les marques sont cités 70 fois (contre zéro vingt ans plus tôt). Le champ lexical de la violence est en augmentation. Il est passé de 34 occurrences en 2005 à 142 en 2025, dépassant pour la première fois l’amour (cité 62 fois). De leur côté, le bonheur et l’espoir tombent à 33 occurrences, quatre fois moins qu’en 2005. Les mots de l’année 2025 sont « minimum », « charger », « viano », « oseille » et « mauvais ». Le vocabulaire a changé et montre comment la France est passée d’une époque collective à une ère centrée sur l’identité individuelle. Les tubes de 2005 insistaient sur le « nous » tandis que ceux de 2025 imposent le « je », l’ambition personnelle et les signes extérieurs de réussite.

Les langues étrangères infiltrent les refrains francophones

Durant ces vingt ans, Babbel a analysé que la langue n’avait cessé de s’ouvrir. Les langues étrangères sont plus présentes dans les refrains francophones. Sans surprise, l’anglais est en première place du classement. En 2005, il servait à draguer, mais en 2025, le vocabulaire se rapproche de celui de l’emploi à l’image de la « boss lady » Theodora. La deuxième langue étrangère est l’arabe qui se retrouve dans les refrains de Jul ou de Gims. Le lingala est à la suite de ce classement. Déjà utilisée par Gradur en 2015, cette langue se retrouve en 2025 dans les titres de Guy2Bezbar ou Dr. Yaro. L’espagnol est la quatrième langue étrangère la plus répandue dans les hits francophones. En 2015, Kendji Girac avait déjà employé l’espagnol dans son titre Andalouse. Dix ans plus tard, cette langue est toujours utilisée. Enfin, le créole est la cinquième langue étrangère la plus présente dans les chansons en français. Preuve que les chansons reflètent une langue en mouvement qui se nourrit des cultures et des influences qui l’entourent.

Caroline FRUHAUF pour TF1 INFO

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