Qui connaît Scarlyy2 et son tube Banc de touche ? Ou encore la country larmoyante d’Aventhis et de son titre Mercy on My Grave ? Ces morceaux ont deux points communs : ils ont été entièrement générés par une intelligence artificielle (IA), et ont réussi à « percer » sur les plateformes de streaming sans que la plupart des auditeurs se doutent qu’il ne s’agissait pas de véritables artistes. Ces deux exemples, parmi tant d’autres, ont réussi à totaliser plusieurs millions d’écoutes.
La musique créée par IA à l’aide d’outils comme Suno ou Udio ne se contente plus de prendre une place croissante sur les plateformes. Elle veut être écoutée, se fondre dans le paysage, et même se glisser dans les charts, à l’insu de l’auditeur.
Il y a encore peu de temps, les titres générés par IA restaient faciles à identifier : faible résolution audio, durée très courte et sensiblement similaire. Mais ces deux dernières années, des programmes tels que Suno, qui permettent de créer en quelques secondes une chanson de A à Z sur la base d’une simple consigne, ont fait un bon considérable en matière de crédibilité.
Les plateformes identifient-elles les contenus générés par IA ?
Même chez les plateformes, l’identification de titres générés par IA est une gageure. La principale difficulté pour les auditeurs, c’est que rien n’oblige les géants du streaming à étiqueter, c’est-à-dire à identifier comme tels ces morceaux artificiels. Première plateforme de streaming musical dans le monde, Spotify balaie le problème, estimant que l’IA est un outil de création comme un autre. « L’usage de l’IA en soi n’est pas un problème, assure au Monde Romain Takeo Bouyer, responsable de l’analyse de contenu chez Spotify. Ce qu’on sanctionne, ce sont les abus comme l’usurpation d’identité, le clonage non autorisé et la fraude. »
En face, Deezer a choisi la stratégie inverse, affichant sa proactivité sur le sujet. Face à cet océan de contenus, Deezer informe clairement ses abonnés et en a même fait un argument commercial. La plateforme française affirme être la seule « à détecter et à étiqueter clairement les contenus 100 % générés par l’intelligence artificielle ».
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