Déjà confrontés à des prix très supérieurs à ceux de l’Hexagone dans leur vie quotidienne, les habitants des territoires d’outre-mer attendent avec inquiétude le choc pétrolier causé par la guerre en Iran. Même si les prix des carburants sont administrés par l’Etat dans les départements ultramarins, les préfets ont prévenu que leur hausse serait forte, prenant les devants ces derniers jours pour s’adresser aux citoyens et aux entreprises.
L’augmentation sera « significative » en Guyane, en particulier pour le gazole, a ainsi admis le représentant de l’Etat, jeudi 26 mars, à l’occasion d’une rencontre avec les élus et les représentants socio-professionnels. « Au 1er avril, nous allons prendre la hausse brutale du prix du brut et des coûts de raffinage », a expliqué Antoine Poussier. Les entreprises s’attendent « à travailler à perte », souligne Dominique Mangal, président du syndicat des transporteurs.
En Martinique, la préfecture a elle aussi mis en scène sa préoccupation en conviant une vingtaine de représentants du monde économique, jeudi. L’augmentation « ne sera pas aussi forte que dans l’Hexagone », a indiqué sans plus de précisions Etienne Desplanques, le préfet du département, mais « les prix des carburants dépendent des cours mondiaux et de la parité euro-dollar », ce qui entraînera la hausse des tarifs réglementés. Le prix du diesel sera comparable aux pics survenus « au début de la crise ukrainienne », a-t-il précisé. Anticipant la colère des automobilistes, sur cette île où la cherté de la vie a provoqué de violentes manifestations fin 2024, le préfet a par ailleurs promis que les marges de la raffinerie du Lamentin et des stations-services « resteront stables » et n’auront « aucun impact sur les prix » à la pompe.
Mêmes éléments de langage en Guadeloupe, en vue d’une hausse possible de l’ordre de 20 centimes des prix à la pompe. « Le mécanisme actuel permet de garantir que l’augmentation se limitera à la réalité de celle des coûts des approvisionnements. La hausse ne profitera ni à la Sara [Société anonyme de la raffinerie des Antilles], ni aux grossistes, ni aux détaillants, dont les marges resteront strictement encadrées à leur niveau actuel », assure la préfecture.
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