- Selon un sondage IFOP, une très grande majorité de Français reste favorable à la création d’un droit à l’aide à mourir.
- Le projet de loi, de nouveau adopté la semaine dernière en commission, fera l’objet d’un vote solennel à l’Assemblée le 24 février prochain.
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Fin de vie : vers une aide à mourir en France
Si le sujet divise très largement les responsables politiques (nouvelle fenêtre), il semble faire l’unanimité dans l’opinion publique. C’est ce que révèle un sondage de l’IFOP pour l’Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité (ADMD), réalisé auprès de 1.001 personnes âgées de 18 ans et plus et publié ce lundi. Résultat : les Français sont 87 % à soutenir la possibilité, pour les personnes en fin de vie, de choisir entre soins palliatifs et aide active à mourir.
« 84 % approuvent même la proposition de loi dans sa version telle qu’elle sera
présentée aux députés
(nouvelle fenêtre) le 16 février prochain (affection grave et incurable, phase avancée, souffrance insupportable et demande explicite) »
, précisent les auteurs. Un chiffre qui grimpe même à 87 % chez les personnes se déclarant de confession catholique. Des résultats qui démontrent pour l’Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité, que si « certains responsables politiques, notamment au Sénat, continuent de dénaturer le débat et d’agiter les fantasmes, l’opinion publique, elle, est stable et très largement majoritaire »
.
Des Français favorables au délit d’entrave
Autre sujet de crispation parlementaire testé par l’IFOP : l’article 17 de la loi (nouvelle fenêtre) et la création du fameux délit d’entrave, qui condamne « le fait d’empêcher ou de tenter d’empêcher de pratiquer ou de s’informer sur l’aide à mourir »
et passible de 30.000 euros d’amende et deux ans d’emprisonnement. Là aussi, 67 % des Français interrogés sont favorables à la mise en place d’un tel délit. Pour Jonathan Denis, président de l’ADMD, « il appartient désormais aux parlementaires de respecter la volonté majoritaire des Français et de mettre fin à un statu quo qui condamne encore trop de personnes à des fins de vie subies, solitaires et violentes »
.
Après son rejet par les sénateurs, la proposition de loi revient entre les mains des députés à partir du 16 février, avant un vote solennel le 24. Et ce, après des mois de soubresauts, alors qu’Emmanuel Macron lançait les discussions en 2022 avec pour objectif de statuer avant la fin du quinquennat. Un délai approuvé par 68 % des Français interrogés.

