
Bien longtemps avant de devenir l’un des rockeurs les plus loufoques et adulés au sein des Red Hot Chili Peppers, Michael Peter Balzary, alias Flea, se rêvait jazzman. Son premier instrument est la trompette, qu’il a pratiquée dès l’âge de 10 ans. Aujourd’hui, à 63 ans, le sautillant bassiste publie son premier album solo, le très soigné Honora, où il assouvit sa passion pour son premier amour musical.
Les puristes adeptes de son funk « épicé » et des ballades californiennes populaires (Californication, Under the Bridge) seront désarçonnés par le contenu d’Honora, un pur disque de jazz, merveilleusement joué et produit. Seulement deux morceaux s’inscrivent dans le format pop, pour le reste, l’album navigue dans le jazz fusion d’A Tribute to Jack Johnson (1971), du grand Miles, l’éclectisme d’un Jaco Pastorius, voire les explorations jazz spiritual d’Alice Coltrane.
L’intérêt pour le jazz de la « puce » – Flea, son surnom en raison de la taille du musicien et de sa capacité à bondir sur scène – est narré dans son autobiographie, Ados sous acide (HarperCollins, 2021). Un passionnant récit de ses débuts, avant qu’il forme les Red Hot Chili Peppers avec le chanteur Anthony Kiedis. « La trompette, extraordinaire invention de cuivre, est la reine des instruments, confie-t-il dans ses mémoires. Une machinerie folle, avec ses tuyaux courbés, ses valves, son pavillon épanoui. »
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