A Lille, Jean-Luc Mélenchon assure le show en soutien à la candidate LFI
Quelques centaines de mètres à vol d’oiseau séparent la salle du Gymnase où socialistes et écologistes se retrouvent pour une « soirée du rassemblement » et celle de Lille Grand Palais où Jean-Luc Mélenchon est venu soutenir la candidate « insoumise » Lahouaria Addouche, jeudi soir.
Environ 500 personnes – un public plutôt familial – se sont déplacées pour soutenir la majorité sortante. Elles sont plus de 1 600 pour la France insoumise (LFI) ; c’est la jauge de la salle et elle est pleine. Il y a même un peu de monde dehors, paraît-il.
La candidate Lahouaria Addouche fait un tabac pour son arrivée. Elle est la surprise lilloise du premier tour, arrivée en deuxième position (23,36 %) – assez proche du maire sortant, Arnaud Deslandes (26,26 %) –, et elle donne des ailes à un public plutôt jeune.
Lahouaria Addouche est sur sa lancée, elle que peu de monde ne connaissait il y a encore quelques mois, et qui dit s’être sentie méprisée par la majorité actuelle : « Elle ne me craignait pas, mais quand je vous vois, je pense qu’ils ont beaucoup à craindre ».
Jean-Luc Mélenchon se lance, égal à lui-même. Il sait faire rire ou monter l’indignation, il en joue. A Louharia Addouche, il donne du « Madame le maire » et ça plaît. Suit un long, très long discours, entre grandes déclarations pour dénoncer « les guerres d’agression des Etats-Unis et d’Israël contre le peuple d’Iran » ou affirmer son « affection et amitié au peuple de Cuba », et des digressions sur les besoins de développement du port du Havre ou à la création de crèches dans les quartiers
Le leader LFI enchaîne sur un petit cours de sociologie politique et la promotion des véhicules autonomes, le prix du carburant et le futur parc urbain qu’il faudra aménager sur la friche Saint-Sauveur au cœur de Lille. On en passe et il faut suivre.
Dans cette ville où « il n’y a aucun risque de droite », Jean-Luc Mélenchon appelle les électeurs « à faire un choix idéologique de fond. La gauche doit tourner la page de ses anciennes manières de penser ».
C’est sans doute quand il évoque la mort de Quentin Deranque – militant identitaire frappé à mort par un groupe de militants d’extrême gauche à Lyon en février – qu’il emballe le plus son public. « Il s’agissait bien d’un traquenard. Et comment se fait-il que la police n’ait rien fait ? Nous voulons la vérité ! », lance-t-il. L’ovation éclate, la salle hurle « Nous sommes tous antifascistes ! ».
On est loin des enjeux lillois et des élections de dimanche – où il y aura une quadrangulaire – mais Jean-Luc Mélenchon n’était pas seulement là pour ça. Il convient d’inviter cette salle acquise à renforcer le mouvement qui a émergé dimanche 15 mars et il a rempli la mission : « Si vous élisez cette femme, vous changez l’histoire de votre patrie, et pas seulement celle de votre ville ».

