
Le commissaire François Thierry, ex-patron de l’Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (OCRTIS), a été condamné mardi 30 mars à un an de prison avec sursis dans la retentissante affaire des 7 tonnes de cannabis saisies à Paris en 2015.
Le policier était poursuivi pour différents chefs de complicité et pour destruction de preuves, des faits pour lesquels le parquet avait requis sa relaxe la semaine dernière devant le tribunal correctionnel de Bordeaux.
Son principal informateur, Sofiane Hambli, actuellement détenu au Maroc et absent au procès, a été condamné par défaut à une peine de vingt ans de prison, assortie d’une période de sûreté des deux tiers, conformément aux réquisitions.
Une décennie d’enquête, 70 tomes de procédure, près d’un mois d’audience… A partir de cette masse d’éléments, les trois magistrats du tribunal devaient se prononcer sur la responsabilité du policier, soupçonné d’avoir « favorisé » cet arrivage record au profit de son informateur, un trafiquant chevronné ayant précédemment permis de démanteler des dizaines de réseaux.
« Naufrage opérationnel »
Tout au long des débats, l’ex-patron de l’OCRTIS a défendu la stratégie « Myrmidon » mise en place pendant son mandat (2010-2016) : infiltrer des filières grâce à des « indics », quitte à laisser entrer la drogue sur le territoire, pour ensuite appréhender les têtes de réseau.
Pour l’une de ces opérations, le commissaire avait notamment organisé une garde à vue fictive de Sofiane Hambli en 2012. Il a été acquitté pour ces faits en 2024 à Lyon. En 2015, une autre de ces affaires conduit les douanes, sur fond de guerre des services, à découvrir, dans plusieurs fourgonnettes boulevard Exelmans (Paris 16e), la drogue censée être « surveillée » par la police. « Un naufrage opérationnel », a reconnu l’ex-patron de l’OCRTIS à la barre.
Dans ce dossier dépaysé à Bordeaux, le parquet avait déjà requis, au terme de l’enquête, un non-lieu concernant le policier. Mais les juges d’instruction l’ont renvoyé devant le tribunal pour complicité de trafic et destruction de preuves.

