Le Croissant-Rouge palestinien a annoncé le 30 mars avoir retrouvé les corps de 15 secouristes dans le sud de la bande de Gaza.
Ils auraient été tués par des tirs israéliens.
Le chef de l’ONU s’est dit « choqué » par cette attaque.

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Israël rompt la trêve à Gaza

Ils étaient introuvables depuis le 23 mars, date à laquelle leurs ambulances ont été prises pour cible par des tirs dans le sud de la bande de Gaza. Les corps de 15 secouristes ont été retrouvés une semaine plus tard. L’ONU a réagi ce mercredi 2 avril, son secrétaire général Antonio Guterres s’admettant « choqué par les attaques de l’armée israélienne ».

Les secouristes tués « alors qu’ils tentaient de sauver des vies »

« Le Croissant-Rouge palestinien est dévasté par l’assassinat de huit de ses secouristes à Rafah », dans le quartier de Tal al-Sultan dans l’ouest de la ville, a affirmé l’organisation dans un communiqué. « Ils ont été pris pour cible par l’occupation israélienne alors qu’ils accomplissaient leur devoir humanitaire », a-t-elle ajouté, précisant qu’un de leurs secouristes était encore porté disparu. Une version confirmée par l’armée israélienne qui dit avoir jugé ces véhicules « suspects ».

Les 15 humanitaires victimes, dont huit du Croissant-Rouge palestinien et un de l’ONU, étaient « toujours dans leurs uniformes, avec leurs gants, tués alors qu’ils tentaient de sauver des vies », a déploré le responsable du Bureau des opérations humanitaires de l’ONU (Ocha) dans les territoires palestiniens, Jonathan Whittall. « Les ambulances ont été touchées une par une », a-t-il détaillé, décrivant les véhicules détruits à côté de cette « fosse commune ». Cette dernière met en lumière la « guerre sans limite » menée par Israël.

C’est une boucle sans fin de sang, de souffrance et de mort.

Jonathan Whittall, responsable du Bureau des opérations humanitaires de l’ONU dans les territoires palestiniens

Une réaction similaire à celle d’Antonio Guterres, « choqué » par les frappes contre le convoi médical. Il « réclame une enquête complète, minutieuse et indépendante » sur toutes les attaques contre les humanitaires, alors que ces 15 nouveaux morts retrouvés enterrés portent à « au moins 408 » le nombre d’humanitaires tués dans le territoire palestinien depuis le 7 octobre 2023, a ajouté son porte-parole Stéphane Dujarric.

Après plusieurs semaines de cessez-le-feu, Israël a repris le 18 mars ses bombardements sur le petit territoire palestinien et a annoncé mercredi l’extension de ses opérations militaires pour s’emparer de « larges zones » de la bande de Gaza. Et alors qu’Israël a mis un coup d’arrêt à l’entrée de l’aide humanitaire à Gaza le 2 mars, « la situation humanitaire devient hors de contrôle », a insisté Jonathan Whittall. 

« C’est une boucle sans fin de sang, de souffrance et de mort. Gaza est devenu un piège mortel », a-t-il lancé. « Mes collègues me disent qu’ils veulent juste mourir avec leur famille. Leur peur la plus grande est de survivre seul. »

Zoe SAMIN avec AFP

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