• Trois reporters ont été tués dans une frappe israélienne ce mercredi, dans le centre de la bande de Gaza, a annoncé la Défense civile.
  • L’un d’eux, un journaliste indépendant de 34 ans, contribuait régulièrement à la couverture de l’AFP dans l’enclave palestinienne.
  • L’armée israélienne affirme de son côté avoir frappé trois « suspects » manœuvrant un drone.

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L’un d’eux avait produit un reportage pour l’AFP il y a quelques jours seulement. Une frappe israélienne a tué mercredi 21 janvier trois journalistes, un collaborateur régulier de l’agence de presse et deux autres reporters palestiniens (nouvelle fenêtre), dans le centre de la bande de Gaza. L’armée israélienne affirme de son côté avoir pris pour cible les opérateurs d’un drone jugé suspect.

La frappe a eu lieu dans le secteur d’al-Zahra et les corps des trois journalistes ont été « transférés à l’hôpital des Martyrs d’al-Aqsa, à Deir el-Balah », indique un communiqué de la Défense civile, organisation de premiers secours opérant sous le contrôle du mouvement islamiste palestinien Hamas. Elle a fait mention d’une frappe de drone israélien sur « un véhicule civil ».

Un collaborateur régulier de l’AFP depuis près d’un an

La Défense civile a identifié les trois journalistes tués comme Anas Ghneim, Mohammed Salah Qashta et Abdoul Raouf Shaath. Ce dernier, journaliste reporter d’images indépendant âgé de 34 ans, collaborait régulièrement avec l’AFP depuis février 2024, suite à l’évacuation des journalistes employés par l’agence (nouvelle fenêtre) à Gaza. Il n’était pas en mission pour celle-ci au moment de la frappe, mais son dernier reportage pour cette agence a été publié lundi.

De son côté, l’armée israélienne a déclaré avoir frappé trois « suspects » manœuvrant un drone dans le secteur, précisant à l’AFP qu’elle faisait bien référence à la mort des trois journalistes. « Des troupes ont identifié plusieurs suspects qui opéraient un drone affilié au Hamas dans le centre de la bande de Gaza », affirme un communiqué militaire, sans plus de détails sur cette affiliation prétendue. 

« En raison de la menace que le drone représentait pour les troupes, (les forces israéliennes) ont frappé avec précision les suspects qui l’avaient activé », ajoute l’armée, précisant que « les détails de l’incident sont en cours d’examen ». Sur place, un témoin a déclaré à l’AFP que les journalistes utilisaient un drone pour filmer une distribution d’aide humanitaire (nouvelle fenêtre) gérée par une organisation égyptienne lorsqu’un véhicule qui les accompagnait a été ciblé par une frappe aérienne.

Plus de 220 journalistes tués par Israël depuis le 7 octobre 2023, selon RSF

De son côté, le Hamas a dénoncé un « crime de guerre », soulignant que les trois journalistes avaient été tués dans l’exercice de leur fonction (nouvelle fenêtre). Il n’a pas revendiqué une quelconque affiliation entre ces trois hommes et le mouvement, comme il le fait habituellement lorsqu’un de ses membres est tué.

Selon l’ONG de défense de la liberté de la presse Reporters sans frontières (RSF), les forces israéliennes ont tué au moins 29 journalistes palestiniens dans la bande de Gaza entre décembre 2024 et décembre 2025. Et depuis le début de la guerre, déclenchée par l’attaque du Hamas en Israël le 7 octobre 2023, le bilan est de plus de 220 journalistes (nouvelle fenêtre) tués par Israël, faisant du territoire palestinien l’endroit de loin le plus meurtrier au monde pour la presse sur cette période, affirme RSF.

Une trêve précaire est en vigueur depuis le 10 octobre à Gaza entre Israël et le Hamas, que les deux camps s’accusent mutuellement de violer. Près de 470 Palestiniens ont été tués depuis le début de la trêve, selon le ministère de la Santé de Gaza placé sous l’autorité du Hamas. L’armée israélienne a pour sa part fait état de trois soldats tués, depuis la même date.

Maëlane LOAEC avec AFP

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