• Les agriculteurs subissent les effets de la guerre au Moyen-Orient plus que quiconque en France.
  • On pense au gazole de leur tracteur, mais ce sont aussi les pneus, les engrais, et le matériel agricole, qui vont augmenter.
  • À l’origine de cette avalanche de problèmes, le blocage du détroit d’Ormuz.

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Guerre au Moyen-Orient : les prix des carburants et du gaz s’envolent

Dans le hangar que l’on découvre dans le reportage du 20H ci-dessus se cache l’un des plus précieux trésors de ce céréalier vendéen : son stock d’engrais ou plutôt ce qu’il en reste. « Au mois de mai, il n’y aura plus d’engrais et il faudra en racheter pour l’année prochaine », explique Bertrand Mitard au micro de TF1. La tonne d’engrais azoté est passée de 450 euros l’an dernier à 700 euros aujourd’hui, et son prix continue de grimper. La raison, le blocage du détroit d’Ormuz, à plus de 5.000 kilomètres de cette exploitation de Fontenay-le-Comte, où transite habituellement le tiers des engrais commercialisés dans le monde. 

On a vraiment l’inquiétude, vu que le conflit a l’air de continuer et de s’enliser.

Bertrand Mitard, agriculteur à Fontenay-le-Comte (Vendée)

L’agriculteur se pose énormément de questions. « À quel prix on va pouvoir acheter l’engrais ? Est-ce qu’on aura la disponibilité ? », se demande-t-il, « on a vraiment l’inquiétude, vu que le conflit a l’air de continuer et de s’enliser ». Sans compter les prix du gazole non routier, qui ont eux aussi doublé. 

Car s’il y a bien un engin agricole qui concentre toutes les hausses de prix possibles et imaginables, c’est le tracteur. Y compris ses pneus, vendus entre 3.000 et 5.000 euros la paire. « Sur des pneus comme ça, ça a pris 200 euros le pneu. C’est du 10 à 20%. C’est juste incroyable. On a la vidange. Quand on va devoir faire la vidange dans un mois, c’est 40 litres d’huile sur lequel on a aussi 20 à 25% », détaille Luc Smessaert, agriculteur dans l’Oise .

Ballots de paille

Et ce n’est pas tout. Les ballots de foin, par exemple, vont subir également ce conflit au Moyen-Orient. Entre la bâche qui les recouvre et les ficelles qui les tiennent, tout est fabriqué à base de pétrole. Son prix global va donc augmenter de 25 à 50%. La facture de la guerre risque d’être très salée pour cette exploitation en polyculture. « À l’arrivée, on va être entre 20 et 30.000 euros d’augmentation. C’est énorme. Quand on sait qu’un agriculteur moyen gagne 20.000 euros par an », rappelle Luc Smessaert. » 

Au Salon des vignerons indépendants, ce vendredi à Paris, une autre hausse de prix était sur toutes les lèvres : celle du verre, dont la production est très énergivore. « Le verre, c’est plus de 40% du prix final de la bouteille », pointe Jean-Marie Fabre, président du salon. Pour l’instant, l’augmentation n’est pas encore avérée, mais des bruits de couloir qui inquiètent toute une filière déjà en crise. « Pourquoi des hausses de prix, alors que les bouteilles ont été produites avant les premiers bombardements », s’indigne Jean-Marie Fabre, « il ne paraît pas normal aujourd’hui qu’elles puissent bénéficier d’une augmentation. Sinon, ça voudrait dire qu’on ne joue pas forcément la même solidarité économique au sein de la filière. »

Sans aide gouvernementale et quelle que soit la filière, les agriculteurs nous assurent ne pas avoir de choix. Ils seront obligés de répercuter ces hausses sur leurs produits.

La rédaction de TF1info | Reportage : Arsène GAY, Charles DIWO, Nicolas HESSE

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