Auchan, Decathlon, Kiabi, Leroy Merlin, Boulanger… le grand public connaît bien ces grandes enseignes du commerce qui appartiennent à la famille Mulliez. Il connaît moins celui qui est à l’origine de cet empire familial de 130 entreprises, employant plus de 620 000 collaborateurs dans le monde. Et pour cause, Gérard Mulliez, le fondateur d’Auchan, a toujours fui les projecteurs.

L’ouvrage Gérard Mulliez. L’épopée du fondateur d’Auchan (Grasset), écrit par Margaux Mulliez, sa petite-fille, à partir de nombreux entretiens, raconte le parcours de celui qui s’est inspiré des concepts américains pour créer, en 1961, le « super-marché », point de départ du géant de la grande distribution alimentaire dont le modèle a été répliqué par la famille dans d’autres secteurs (sport, bricolage, électroménager…).

Le livre parcourt, au gré des étapes de l’ascension professionnelle de « Gérard fils » – il porte le prénom de son père –, un demi-siècle d’histoire économique et sociale. Il raconte la naissance de l’écosystème Mulliez : le « tous dans tout » – le concept fondateur de l’Association familiale Mulliez, qui regroupe 950 des 1 500 descendants de Louis Mulliez (1877-1952) et de Marguerite Lestienne (1880-1951), la création d’Auchan (qui aurait pu s’appeler Ochan), les premiers pas de Flunch (combinaison de Fast et Lunch), de Kiabi (pour « qui habille »)…

Lire dans la série « Successions » (en 2021) : Article réservé à nos abonnés Les Mulliez, un modèle de « communisme familial »

Cette biographie, écrite comme un roman, plonge le lecteur dans l’univers de cette famille, des industriels devenus des commerçants. L’autrice raconte les hauts et les bas du parcours de son « Daddy ». Avant de devenir cet « adepte de la pensée positive » de 94 ans aujourd’hui, passionné d’astrologie et de permaculture, il a été un enfant marqué par la seconde guerre mondiale.

« Une question d’énergie, de vision »

Rétif aux études, il n’a pas eu son bac, mais, en récompense de ses efforts, son père lui a tout de même offert la moto promise – une gratification qui a eu du sens dans sa vie. Il a « appris sur le terrain » au sein de l’usine familiale Phildar, avec une forte volonté d’émancipation. En 1977, il décide, de manière novatrice, d’ouvrir le capital du groupe Auchan à ses salariés, car, pour lui, « plus les salariés sont impliqués, plus l’entreprise performe et tout le monde y gagne ».

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