Ginette Herry, grande traductrice du théâtre italien, nous a quittés le 12 août à Saint-Dié-des-Vosges. Née en 1933, non loin de là, à Ban-sur-Meurthe-Clefcy (Vosges), elle aurait eu 92 ans en novembre. C’est dans les Vosges qu’elle résida jusqu’à la fin de sa vie. Après des études de littérature comparée, elle a enseigné de 1966 à 1990 à l’université des sciences humaines de Strasbourg et, de 1983 à 2003, à l’école du Théâtre national de Strasbourg.

Spécialiste du théâtre italien, elle a traduit des auteurs classiques tels que Vittorio Alfieri (1749-1803). D’Italo Svevo (1861-1928), elle a publié le théâtre complet aux éditions Circé ; de Luigi Pirandello (1867-1936), plusieurs pièces dont Six personnages en quête d’auteur ; et de Dario Fo (1926-2016), une partie du Mystère bouffe. Son talent s’est aussi affirmé dans des traductions parues à l’Imprimerie nationale, aux éditions Dramaturgie, à l’Avant-Scène Théâtre, à L’Arche Editeur et, en Italie, chez Marsilio. Enfin, on lui doit la traduction de nombreux livrets d’opéra italiens, dont celui de Da Ponte pour le Don Giovanni monté à l’opéra de Lyon en 1980.

Cependant, son auteur de prédilection, celui à qui elle a consacré une grande partie de sa vie, est le Vénitien Carlo Goldoni (1707-1793). Ginette Herry contribua beaucoup à la redécouverte de ce grand dramaturge – longtemps considéré en France comme un petit maître – dont elle traduit une vingtaine de pièces, assorties de préfaces et de notes. Elle mit sa connaissance du théâtre à Venise au service de metteurs en scène et de décorateurs, qui firent souvent appel à elle, lui commandant notamment des traductions.

Femme de théâtre passionnée

En 1993, elle est chargée d’orchestrer en France les manifestations pour le bicentenaire de la mort de Goldoni. Elle dirigea alors avec efficacité l’association Goldoni européen, créée pour l’occasion, qui avait pour but, en réunissant des traducteurs, des universitaires, des metteurs en scène et des comédiens, de promouvoir de nouvelles pièces inédites en français. Ce fut une époque très féconde pour la diffusion de l’œuvre goldonienne. Les traductions circulaient : elles furent examinées et commentées par différents traducteurs, lues à haute voix par des comédiens, publiées et souvent jouées. En même temps, elle organisa cinq colloques dont les actes parurent entre 1992 et 1998.

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