• Depuis bientôt deux semaines, l’Iran a pris le contrôle du détroit d’Ormuz, où transite en temps normal un cinquième de la production mondiale de pétrole.
  • Aucun tanker ne peut naviguer, sauf ceux appartenant à Téhéran.
  • Le régime continue d’exporter son or noir, à un rythme encore plus soutenu qu’en février.

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L’Iran attaqué par les États-Unis et Israël, le Moyen-Orient s’embrase

« Les forces armées iraniennes (…) n’autoriseront pas l’exportation d’un seul litre de pétrole de la région vers le camp ennemi jusqu’à nouvel ordre« . Ali Mohammad Naini, porte-parole des Gardiens de la révolution, a mis en garde mardi ceux qui oseraient défier la mainmise de l’Iran sur le détroit d’Ormuz. (nouvelle fenêtre) Le trafic maritime dans ce couloir maritime est fortement perturbé depuis le début de la guerre (nouvelle fenêtre), plongeant l’économie mondiale dans le rouge. Mais les comptes de l’Iran sont, eux, dans le vert.

C’est en tout cas ce que le Wall Street Journal (nouvelle fenêtre) affirme. Chiffres à l’appui : selon le quotidien américain, qui a consulté les données de la plateforme de suivi des matières premières Kpler, Téhéran a tiré profit de la crise. « L’Iran exporte plus de pétrole via le détroit d’Ormuz qu’avant la guerre, démontrant ainsi qu’il contrôle cette voie navigable stratégique qu’il a fermée aux autres producteurs de pétrole de la région », détaille le WSJ.

Selon Kpler, les navires ont, ces six derniers jours, « chargé en moyenne 2,1 millions de barils de pétrole iranien par jour, soit plus que les 2 millions de barils par jour qu’a exportés l’Iran en février« . Depuis le 28 février, « sept pétroliers ont chargé du brut au large des côtes iraniennes« . Une fréquentation inédite dans la région : en temps normal, 138 navires traversent en 24 heures le détroit, par lequel transite habituellement près de 20% du brut mondial et près de 20% du gaz naturel liquéfié (GNL). Selon Kpler, le trafic de pétroliers traversant le détroit d’Ormuz a ainsi chuté de 90% en une semaine. 

Les tankers qui ont pu passer ont pris la destination l’Asie, premier client de l’or noir iranien : cette « légère augmentation montre que, contrairement à d’autres producteurs, ses expéditions ne sont pas entravées et que la Chine n’a pas perdu son appétit pour le brut de Téhéran« , précise le quotidien.

Les pays du Golfe, eux, font grise mine et se démènent pour trouver de nouvelles routes pour acheminer leur brut. Sauf que les capacités limitées des routes alternatives par oléoducs terrestres et les stockages remplis au maximum, se font ressentir : ils « ont conduit les pays du Golfe à réduire leur production totale de pétrole d’au moins 10 millions de barils par jour« , a expliqué l’Agence internationale de l’énergie.

T.G.

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