Le nombre des personnes actuellement recensées comme étant disparues dans le monde a bondi de près de 70 % en cinq ans, passant à près de 300 000, en raison de la multiplication des conflits et des migrations massives, mais aussi du non-respect des lois de la guerre, a alerté vendredi 29 août le Comité international de la Croix-Rouge (CICR).

« Du Soudan à l’Ukraine, de la Syrie à la Colombie, la tendance est claire : le nombre croissant des personnes disparues rappelle brutalement que les parties au conflit et ceux qui les soutiennent ne protègent pas les gens pendant la guerre », a déclaré depuis Genève le directeur général du CICR, Pierre Krahenbuhl.

Quelque 284 400 personnes ont été enregistrées à la fin de l’année dernière comme disparues par le Réseau des liens familiaux du CICR, ce qui constitue une augmentation de 68 % depuis 2019, selon de nouveaux chiffres rendus publics dans un communiqué diffusé vendredi. Mais Pierre Krahenbuhl a averti que ce chiffre ne reflétait « que la partie émergée de l’iceberg ». « Dans le monde, des millions de personnes ont été séparées de leurs proches – souvent pendant des années ou même des décennies », a-t-il déploré.

Une responsabilité des Etats

« La tragédie des disparus n’est pas inévitable. Avec des mesures plus strictes pour éviter la séparation, protéger les personnes en détention et gérer correctement les morts, d’innombrables familles pourraient s’épargner une vie de souffrances », a insisté le responsable. « Souvenons-nous que derrière chaque chiffre se trouve une mère, un père, un enfant ou un frère ou une sœur dont l’absence laisse une blessure dont les statistiques ne peuvent pas rendre compte », a également martelé Pierre Krahenbuhl.

Selon le CICR, c’est aux Etats et aux parties aux conflits armés qu’incombe la responsabilité d’empêcher les disparitions, de clarifier le sort des personnes disparues et de soutenir leurs familles : « La manière dont les Etats répondent aux cas de personnes disparues peut façonner les sociétés longtemps après la fin de la violence, influer sur l’établissement de la paix, la réconciliation et la capacité des communautés à guérir » des maux qui leur ont été infligés.

Le CICR relève que lorsque les parties respectent le droit international humanitaire, « le risque que des personnes disparaissent est réduit ». Les lois de la guerre, par exemple, incluent un devoir d’éviter de séparer les membres de la famille au moment du transfèrement ou de l’évacuation de civils par une puissance occupante.

Et elles stipulent que les parties doivent en temps utile partager des informations sur les détenus et permettre à ces derniers de maintenir le contact avec leurs proches. L’« obligation » de transparence à propos des combattants ennemis ayant péri « garantit également que leur sort est connu de leurs familles et qu’ils ne sont pas enregistrés comme disparus ».

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Le Monde avec AFP

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