
Faut-il encore croire aux promesses de l’hydrogène bas carbone ? Provocante, la question peut sembler relever d’un biais typiquement français. Celui qui consiste à « aimer brûler ce que l’on a adoré », selon la formule de Nicolas Brahy, président, depuis décembre 2025, de l’organisation professionnelle France Hydrogène. En amont du salon Hyvolution – rendez-vous mondial de l’hydrogène décarboné organisé à Paris du mardi 27 au jeudi 29 janvier –, le représentant de la filière tricolore a déploré un « moment d’hydrogène bashing ». Et d’insister : « La dynamique est inarrêtable », malgré les revers endurés par le secteur.
En 2025, ils ont pourtant été nombreux : faillite du fabricant d’électrolyseurs McPhy, fin du programme de véhicules à hydrogène chez Stellantis, critiques de la Cour des comptes vis-à-vis d’objectifs de production « irréalistes », etc. Mais la France est loin d’être une exception. L’hydrogène bas carbone – obtenu soit par électrolyse de l’eau, avec de l’électricité renouvelable ou du nucléaire (l’hydrogène « vert »), soit par captage du CO2 (l’hydrogène « bleu ») – « accuse du retard dans toutes les régions », note un rapport de McKinsey publié mi-janvier. Le cabinet de conseil, qui dresse un parallèle avec les déboires de l’éolien en mer, rappelle qu’« un nombre important de projets de grande envergure en Asie, en Australie, en Europe et aux Etats-Unis [ont] été annulés, reportés ou réduits ».
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