Six mois presque jour pour jour après son lancement fin septembre 2025, OpenAI ferme Sora. L’arrêt de ce réseau social dédié à la génération de vidéos par intelligence artificielle (IA) a été annoncé mardi 24 mars. L’application avait suscité un certain engouement initial en proposant aux internautes de créer des séquences réalistes mais fictives en utilisant leur propre image ou celle de personnages de la culture populaire. Sora avait aussi suscité des critiques de la part des ayants droit (Disney avait fini par nouer un accord en décembre 2025, qui est donc annulé). Et OpenAI s’était vu reprocher de contribuer à l’invasion du paysage numérique par des contenus synthétiques (ou « AI slop ») et d’alimenter la confusion entre vrai et faux.
Surtout, Sora incarne une diversification dont OpenAI veut tourner la page. Ce réseau social n’avait pas de modèle économique immédiat et consommait, comme tout service de génération de vidéo par IA, beaucoup de ressources informatiques.
OpenAI ne doit pas « se distraire avec des quêtes périphériques », a expliqué la numéro deux de l’entreprise, Fidji Simo, dans une réunion interne rapportée par le Wall Street Journal le 16 mars. Au fil des mois, la maison mère de l’assistant IA ChatGPT a annoncé le navigateur web Atlas, des fonctionnalités d’e-commerce, un futur appareil conçu par un ex-designer d’Apple… « Nous devons réussir dans les outils de productivité en général et en particulier dans le domaine professionnel », a expliqué Mme Simo.
Cet ajustement est aussi lié à la concurrence féroce d’Anthropic, qui se concentre sur le marché des entreprises. Dans la foulée de son refus d’autoriser l’armée américaine à utiliser ses outils pour certains usages, la start-up de Dario Amodei s’est vantée d’avoir connu un bond de l’usage de son assistant Claude, dont l’application était début mars davantage téléchargée que ChatGPT dans plus de 20 pays. Anthropic assure aussi que son outil d’aide à l’écriture de code informatique Claude Code a battu un record en atteignant 2,5 milliards de dollars (environ 2,15 milliards d’euros) de rythme annuel de revenu seulement un an après son lancement. Ciblant les « utilisateurs avancés » d’IA, Anthropic a aussi fait sensation avec ses outils « Cowork » dédiés à la bureautique, la finance, le droit…
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