- Michel Platini a accordé une longue interview au quotidien britannique The Guardian, jeudi 15 janvier.
- Lors de cet entretien, l’ancien Ballon d’or tricolore revient sur son évincement des hautes instances dirigeantes du football.
- Il critique également l’actuel président de la Fifa, Gianni Infantino, accusé d’avoir « viré autocrate depuis le Covid-19 ».
« Les dix dernières années ont été très compliquées »
. Au cours d’une longue interview dans les colonnes du Guardian
, parue jeudi 15 janvier, Michel Platini est revenu sur sa descente aux enfers. Alors président de l’UEFA (2007-2015), l’ancien Ballon d’or français a disparu du monde du football, après sa suspension en raison du scandale d’un paiement illégal de 1,8 million d’euros qui lui aurait été versé en 2011 par Sepp Blatter, alors président de la Fifa. Les deux hommes ont été acquittés, de manière définitive, par une cour d’appel suisse en 2025. « Je ne me suis jamais inquiété de la décision finale, car je savais que je n’étais pas coupable ; je savais qu’il n’y aurait rien »
, déclare-t-il.
La soupe était très bonne
La soupe était très bonne
Michel Platini
Mais l’ex-star tricolore n’en a pas moins vu sa carrière être brisée par ces révélations. Lors de cet entretien, il règle donc ses comptes. « J’étais destiné à devenir président de la
Fifa
. Tout cela est arrivé parce qu’ils ne le voulaient pas. Cette suspension était une grande injustice et, dans l’ensemble, elle était politique. Un groupe de personnes a décidé de me détruire »
, dénonce « Platoche », désormais âgé de 70 ans.
« Cette administration, composée de personnes que je ne connaissais pas, ne voulait pas d’un président différent. La soupe était très bonne, ils pouvaient gagner beaucoup d’argent, et ils ne voulaient pas de moi au cas où je changerais beaucoup de choses. Ils avaient peur de moi »
, juge-t-il encore. « Ce monde était contre moi et ne voulait pas que je revienne »
.
Infantino, un dirigeant « plus autocratique »
Selon Michel Platini, Gianni Infantino, désormais à la tête de la Fifa, ne fait pas partie du groupe d’individus ayant conduit à sa déchéance. « Il a profité de la situation, mais il n’était pas l’un des instigateurs. Infantino voulait devenir président de l’UEFA, ce qui signifiait qu’il me poussait vers la Fifa »
, assure-t-il.
Cela n’empêche pas le natif de Joeuf d’égratigner le patron du football mondial. « C’était un bon numéro 2, mais ce n’est pas un bon numéro 1. Il a très bien travaillé à l’UEFA, mais il a un problème : il aime les gens riches et puissants, ceux qui ont de l’argent. C’est son caractère. Il était déjà comme ça quand il était numéro 2, mais à l’époque, il n’était pas le patron »
, tance l’ex-joueur de la Juventus Turin. Et de poursuivre, acide : « malheureusement, Infantino est devenu plus autocratique depuis la pandémie »
. « Il y a moins de démocratie qu’à l’époque de Blatter »
. Or s’il avait dirigé la Fifa, l’organisation « serait devenue une organisation qui se soucie du football, et non de la politique »
, grince Platini.
Accusés notamment d’escroquerie, Sepp Blatter et Michel Platini ont été définitivement acquittés en 2025 par la justice suisse. Auparavant, le Français avait été suspendu huit ans de toute activité dans le football par la commission d’éthique de la Fifa, une sanction ramenée à six ans en appel puis à quatre ans par le Tribunal arbitral du sport (TAS). Fin novembre, l’intéressé a déposé plainte contre trois anciens dirigeants de la Fifa pour diffamation.

