- Une enquête a été ouverte pour « harcèlement raciste » au sein de la Garde républicaine, l’unité de prestige de la gendarmerie nationale.
- Un gendarme de 29 ans affirme avoir subi des comportements racistes à son égard durant six années passées au sein de l’institution.
- C’est une lettre d’insulte, reçue à son domicile, qui l’a incité à déposer plainte fin 2025.
Six années de racisme et de harcèlement présumés, marquées par un point d’orgue. En décembre dernier, un jeune militaire de 29 ans a retrouvé dans sa boîte aux lettres un message de haine sans équivoque : « on est en France ici, habille toi comme tel sale bougnoul (sic) »
. Une référence à une tenue traditionnelle algérienne qu’il avait portée en dehors de ses heures de service. Face à la violence des propos, Ryan (le prénom a été modifié) décide de sauter le pas et porte plainte dès le lendemain pour « harcèlement raciste »
au sein de la Garde républicaine (nouvelle fenêtre).
« Cette plainte, c’est surtout un appel au secours, parce qu’on se sent très seul dans une caserne quand on ne sait pas d’où vient le racisme »
, explique son avocat, Me Seydi Ba, dans le reportage de « Bonjour ! La Matinale TF1 » diffusé ce lundi 6 avril et disponible en tête d’article. L’objectif de la démarche est « aussi d’avoir justice, d’être protégé, parce que c’est une certaine
forme de violence morale
(nouvelle fenêtre) dont il a fait l’objet »
, poursuit sa défense.
« L’uniforme ne gomme pas les couleurs », fustige son avocat
Aujourd’hui, le militaire « est brisé »
, déplore son avocat dans un reportage de LCI, à retrouver ci-dessous. « C’est quelqu’un qui a subi énormément. Il est gravissime qu’une personne donnant tout à la République, à l’État, se voie ainsi rabaissée, renvoyée à son origine. On comprend que l’uniforme, finalement, ne gomme pas les couleurs »
, cingle Me Seydi Ba.
Racisme : une enquête vise la Garde républicaineSource : TF1 Info
Avant cela, le jeune homme a affirmé avoir vécu des situations de racisme banalisé (nouvelle fenêtre), venant de ses supérieurs. « T’es de la banlieue, ici les gens viennent de milieux ruraux. C’est des Blancs, ils n’ont pas l’habitude de voir des Arabes du 93 en jogging »
, lui a déclaré l’un d’eux, selon des propos rapportés par le militaire lors de son dépôt de plainte. « J’ai pas envie de te voir en djellaba dans la caserne »
, aurait lancé un autre. « Tu ne me tombes pas dans les bras pendant le ramadan »
, dit aussi avoir entendu le gendarme. Une enquête a été ouverte dans le sillage de sa plainte.
« Il ne faut pas s’étonner que le racisme s’installe » : la colère des associations
Pour les associations de lutte contre le racisme, les responsables des institutions ne s’expriment pas assez sur le sujet (nouvelle fenêtre). « À partir du moment où celles et ceux qui ont en charge l’effectivité de la devise républicaine ne prennent pas la parole sur les questions de racisme, il ne faut pas s’étonner que le racisme s’installe jusqu’au cœur des institutions »
, fustige dans le reportage Dominique Sopo, président de SOS Racisme.
Il estime plus largement que ces comportements haineux restent tabous, et que les victimes n’osent pas les dénoncer, par peur de répercussions. « Souvent, ces personnes ne déposent pas plainte. Elles se disent : en fait, on ne va pas être soutenu par la hiérarchie. On va être marginalisé si on l’ouvre »
, reprend-il.
De son côté, la gendarmerie nationale affirme avoir mis en place un plan d’action tolérance zéro face au racisme, via des mesures internes vis-à-vis des comportements discriminatoires. Elle a assuré à TF1 que chaque signalement est immédiatement traité.

