Et si la guerre en Iran et le blocage du détroit d’Ormuz, au milieu du marasme planétaire qu’ils provoquent, pouvaient au moins contribuer à sortir la Chine de la spirale déflationniste dans laquelle elle est engluée ? C’est la thèse explorée, avec grande prudence, par certains économistes. Elle s’appuie sur le constat de situations de départ fondamentalement différentes. Alors que les économies américaine et européennes ont tout à craindre de la soudaine hausse des cours des hydrocarbures, synonyme pour elles d’inflation comme l’a été la guerre en Ukraine, le problème auquel était confrontée jusque-là la Chine est inverse : ces dernières années, la baisse des prix ronge sa vitalité économique.
La Chine est tombée dans la déflation avec le tassement de son marché immobilier. Il a débuté en 2021 par des mesures de lutte contre cette bulle immobilière, qui ont conduit certains de ses plus grands promoteurs à la banqueroute. Depuis, les prix des appartements continuent de baisser, et cette correction sape le pouvoir d’achat des ménages qui y avaient placé leur épargne. Pour maintenir autour de 5 % le taux de croissance annuel du produit intérieur brut (PIB) qu’il s’était fixé, Pékin a répondu par une expansion constante de son industrie, disproportionnée par rapport à la demande des consommateurs chinois.
Avec, en conséquence, d’importantes surcapacités, de la métallurgie aux usines de voitures électriques et de panneaux solaires, et donc une concurrence destructrice entre ses usines. Environ un quart des entreprises chinoises dans le secteur manufacturier opèrent à perte et l’indice des prix en sortie d’usine est en baisse depuis plus de trois ans. Il a encore décliné de 0,9 % sur un an en mars. La brutale hausse des cours du pétrole et du gaz – le baril a bondi à 115 dollars (100 euros) lundi 30 mars – contribue à un retournement à la hausse de ces prix, hausse qui, une fois transmise à toute l’économie chinoise, pourrait l’aider à s’extirper de la déflation.
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