- Face aux hausses des tarifs, le gouvernement a promis de nouvelles aides ciblées qui devraient être annoncées en ce début de semaine.
- Les aides à domicile espèrent en faire partie.
- Elles parcourent des dizaines de kilomètres chaque jour pour s’occuper de tous leurs clients.
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Taxes, carburants, inflation… Les Français face à la vie (très) chère
Chaque semaine, Karen Bezard, assistante à la personne à Landivisiau dans le Finistère, parcourt une centaine de kilomètres pour son travail. Mais celui-ci lui coûte de plus en plus cher. « J’ai fait le plein il y a un peu plus de deux jours. J’étais à 80 euros avant et là je suis passée à 106. Donc je fais un plein tous les une semaine et demie. C’est de plus en plus difficile »,
explique cette dernière dans le reportage en tête de cet article.
Pourtant, malgré l’augmentation du prix du carburant, cette dernière a choisi de se rendre à tous ses rendez-vous quand d’autres ont préféré renoncer à certains déplacements car trop loin. Cette mère de famille, qui exerce depuis une dizaine d’années, touche 1400 euros par mois et consacre désormais 300 euros pour le carburant.« Ça m’embête surtout pour mes enfants puisqu’on ira moins au cinéma, on ira moins à la mer parce que je suis à 20 minutes »,
explique celle qui intervient ce jour-là chez une retraitée pour du ménage, précisant que son salaire n’augmente pas.
400 euros supplémentaires tous les 15 jours
Plus au sud, à Saint-Nazaire, le responsable d’une entreprise de service qui dispose d’une trentaine de véhicules, constate impuissant la hausse de la dépense carburant. « Donc on est sur 1248 euros au 31 mars »,
indique ce dernier, Philippe Pelette, responsable d’agence Domiprest, facture à l’appui. « Là on est à 1637 euros »
. À raison de 400 euros supplémentaires tous les 15 jours, le surcoût est difficile à absorber. « Il va falloir faire des économies sur d’autres postes. On va différer certains investissements. Mais notre priorité, c’est qu’on continue à assurer les services »,
poursuit-il.
Conséquence ? Pour faire des économies, il a fallu revoir les tournées des intervenantes. « Elle a beaucoup de temps de route entre la première et la deuxième intervention. Mais par la suite, j’ai réussi à limiter le temps de trajet. Ce qui nous permet finalement de faire des économies par la suite »,
illustre Joanna Bellec, responsable de secteur au sein de l’agence, au sujet d’une employée.
Les professionnels du secteur redoutent de nouvelles hausses de carburant. Ils espèrent un coup de pouce de l’État ou des collectivités locales.

