
Il y a des cénacles qui craignent, plus que les autres, le bruit, les éclats et les polémiques. Le Conseil constitutionnel en fait partie. Le gardien de la Constitution déteste qu’on parle de lui autrement que par ses décisions. Sauf que celle de son président, Richard Ferrand, de limoger sa secrétaire générale, Aurélie Bretonneau, un an à peine après son arrivée, a eu l’effet d’un petit séisme dans la haute fonction publique française.
Vendredi 20 mars, Aurélie Bretonneau, qui n’a pas souhaité répondre à nos questions, s’est vue signifier, par Richard Ferrand, dans un entretien qu’elle avait elle-même sollicité, qu’il souhaitait « mettre un terme à leur collaboration », dans un délai qui restait à définir. Mais trois jours plus tard, dans un mail à destination de l’ensemble du personnel, révélé par Politico, celle-ci a pris acte de « divergences de vues sur la conduite de l’institution », et choisit de quitter immédiatement la prestigieuse institution.
Le secrétaire général du Conseil constitutionnel n’est pas n’importe qui. Non seulement il prépare techniquement toutes les grandes décisions prises par les neuf sages, mais il fait tourner l’institution, sur le plan administratif et des ressources humaines. C’est une sorte de directeur général qui assiste à toutes les délibérations, sans y participer. Un rôle à la fois technique et très politique.
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