• Les forces gouvernementales syriennes sont entrées ce lundi 2 février dans la ville de Hassaké, un bastion détenu par les Kurdes.
  • Ce déploiement intervient après un accord entre Damas et les Kurdes pour intégrer ces derniers à l’État syrien.
  • Mais que va-t-il se passer dans les prisons et les camps où se retrouvent des jihadistes, dont certains Français ? Regardez ce reportage exclusif du 20H de TF1.

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Derrière un mur et des barbelés, au beau milieu du Kurdistan syrien, se dresse le camp de Roj, ultra sensible. Depuis la fin de la guerre contre Daech, il y a six ans, c’est là que sont emprisonnées quelque 800 familles de jihadistes, exclusivement des femmes et des enfants de 40 nationalités différentes. Les reporters du 20H de TF1 ont exceptionnellement été autorisés à y entrer. Jusqu’à présent, ces familles étaient surveillées par les forces kurdes. Mais depuis l’accord passé entre Damas et les Kurdes pour intégrer ces derniers à l’État syrien, toutes espèrent être libérées bientôt par l’armée du président syrien, Ahmad al-Chareh, un ex-jihadiste.

Les femmes nous disent que demain (…) c’est nous qui serons prisonniers dans le camp

Hakimia Ibrahim, directrice du camp de Roj

Quarante familles françaises vivent dans ce camp et appliquent la loi islamique, strictement. « On n’a rien à dire, on ne veut pas parler », lance une jeune femme, dans le reportage en tête de cet article. Elles ne savent pas si elles vont être libérées. « On verra ce qui va se passer », indique une autre jeune femme. Elle n’en dira pas plus. La plupart des autres femmes ont également décidé d’éviter les journalistes de TF1, sauf une. Cela fait six ans qu’elle est enfermée dans ce camp avec ses cinq filles, à qui elle transmet un islam plutôt radical. Son mari était un combattant de Daech. « On n’est pas dangereuses. On veut vivre juste comme nous dit notre religion. C’est juste ça », assure-t-elle, tout en espérant que le nouveau président syrien améliorera leur situation. « Peut-être que le mode de vie ici va changer. On va être un peu tranquilles. On espère sortir et rester libres, comme tout le monde », dit-elle. 

Un peu plus loin, un adolescent avoue qu’il a un objectif avec ses frères et sa mère : s’enfuir lorsque les forces syriennes vont arriver. « Ils ouvrent les portes, après il faut qu’on fasse vite, parce que s’ils arrivent, après ils vont refermer les portes », indique-t-il, touchant l’espoir d’être rapidement libre. Que se passera-t-il dans les jours qui viennent ? La directrice du camp, Hakimia Ibrahim, paraît très inquiète. « Les femmes nous disent que demain, c’est elles qui seront dehors, libres. Et que c’est nous qui serons prisonniers dans le camp. Elles disent que Daech reviendra », souligne-t-elle.

 À quelques kilomètres, les forces kurdes ont dressé des checkpoints pour protéger un autre endroit névralgique : la prison de Ghwayran. Les journalistes de TF1 ont l’autorisation de s’en approcher durant quelques minutes seulement. « À l’intérieur, il y a entre 5.000 et 7.000 jihadistes, les plus dangereux. Parmi eux, il y a bien sûr des Européens et des Français. Actuellement, ce sont les Américains avec les Kurdes qui contrôlent toujours cette prison », précise notre reporter Liseron Boudoul. Ces jours-ci, les Américains ont commencé à transférer certains chefs jihadistes vers l’Irak, dans des centres de détention. Mais les Kurdes lancent un appel à l’Occident. « Si les groupes armés syriens contrôlent ce camp un jour, c’est un danger. Ils libéreront tous ces gangsters », prévient Ibrahin, un combattant kurde. 

Car il y a quelques jours, dans la même province, lors de combats entre les forces kurdes et syriennes, des détenus jihadistes en ont profité pour s’évader d’une autre prison. Certains sont toujours dans la nature. Depuis plusieurs semaines, c’est la confusion qui règne dans ce bout de territoire kurde. Les forces syriennes avancent. Ce lundi après-midi, les reporters de TF1 les ont vu entrer et se déployer dans la ville de Hassaké. D’ailleurs, depuis ce matin, un couvre-feu est instauré dans les villes kurdes pour assurer la sécurité des habitants.

V. F | Reportage TF1 : Liseron BOUDOUL et P. DE POULPIQUET

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