- Une opération conjointe entre le FBI et le GIGN s’est déroulée sur l’île antillaise de Saint-Martin.
- Son objectif : l’arrestation d’un homme soupçonné d’avoir dérobé 46 millions de dollars en cryptomonnaies.
- Le jeune Américain semble avoir été trahi par son train de vie luxueux.
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Le 20H
John Daghita se prélassait aux Antilles, louait une villa à 4.000 euros la nuit, flambait dans les clubs locaux et les yachts, jusqu’à ce que le GIGN et le FBI toquent ensemble à sa porte. Cet Américain d’une vingtaine d’années est soupçonné d’avoir dérobé 46 millions d’euros. L’opération se met en place en février dernier. Le FBI demande de l’aide aux gendarmes de Saint-Martin à propos d’un de leurs ressortissants qui a trouvé asile sur l’île caraïbéenne.
John Daghita — a U.S. government contractor who allegedly stole more than $46 million in cryptocurrency from the U.S. Marshals Service — was arrested on the island of St. Martin last night by the French Gendarmerie’s premier elite tactical unit in collaboration with #FBIWFO and… pic.twitter.com/NuZvBYPdDm — FBI Washington Field (@FBIWFO) March 5, 2026
Le directeur du FBI, Kash Patel, le présente comme un « sous-traitant du gouvernement américain »,
employé d’une entreprise chargée de protéger des avoirs en cryptomonnaies. Il aurait détourné des fonds de l’US Marshals Service, une agence policière fédérale qui gère notamment les avoirs confisqués par la justice américaine, pour un total de 46 millions de dollars. Selon plusieurs médias spécialisés, John Daghita serait en fait le fils du dirigeant de l’entreprise sous-traitante, ce qui lui aurait donné un accès privilégié aux comptes gérés par son père.
On retrouve une importante quantité de monnaie. On est sur plusieurs centaines de milliers de dollars en liquide et du matériel informatique dernier cri.
On retrouve une importante quantité de monnaie. On est sur plusieurs centaines de milliers de dollars en liquide et du matériel informatique dernier cri.
Lieutenant colonel Hugues Loyez, commandant de la brigade de gendarmerie de Saint-Martin
C’est son goût un peu trop prononcé pour la fête qui a mené le FBI et les gendarmes à lui. « On le suivait par rapport à certaines traces qu’il pouvait laisser dans le monde physique comme dans le monde numérique d’ailleurs. Mais a priori, il profitait un petit peu de l’île, (…) de certaines soirées. L’étau s’est resserré autour de l’individu jusqu’à la nuit de ce mercredi 4 mars »,
souligne le lieutenant-colonel Hugues Loyez, commandant de la brigade de gendarmerie de Saint-Martin.
Une quinzaine d’hommes sont mobilisés cette nuit-là, pour interpeller un suspect qu’on suppose armé : les hommes du GIGN, ceux du FBI, et des enquêteurs. Pour passer le portail de la villa sans encombre, les gendarmes provoquent une panne, obligeant l’habitant à appeler un réparateur. Surprise, lorsqu’il ouvre la porte, ses invités n’ont pas de caisse à outils dans les mains. « On a fait en sorte que l’individu laisse rentrer un cheval de Troie pour pouvoir l’interpeller. Il n’a opéré aucune résistance. La rapidité et la surprise avaient coupé toute possibilité de résister. Sur place, on retrouve effectivement une arme de poing. On retrouve une importante quantité de monnaie. On est sur plusieurs centaines de milliers de dollars en liquide et du matériel informatique dernier cri »,
détaille le commandant.
En outre, les enquêteurs mettent la main sur de l’argent en cryptomonnaies. Comment l’homme a-t-il été démasqué ? Il s’est trahi tout seul en se vantant de sa fraude sur Internet. « Les hackers vivent dans une certaine clandestinité. Ils peuvent se considérer un peu comme des génies incompris et ils ont besoin de se vanter, de montrer auprès de leurs pairs qu’ils sont les meilleurs »,
explique Grégory Raymond, expert en cryptomonnaies. Le FBI salue la coopération avec le GIGN français. L’Américain est pour l’instant incarcéré dans une maison d’arrêt en Guadeloupe, en attendant d’être extradé vers son pays.

