• L’intelligence artificielle modifie le monde du travail.
  • Selon une étude, 16% des emplois sont concernés en France.
  • Les métiers qui font appel à des tâches complexes et qualifiées sont les plus exposés.

L’utilisation de l’intelligence artificielle se démocratise. Mais dans quelle mesure est-elle utilisée dans le cadre du travail ? En lien avec l’Observatoire des Emplois Menacés et Émergents (OEM), la Compagnie française d’assurance pour le commerce extérieur (Coface) a mené une étude sur l’impact de l’intelligence artificielle (nouvelle fenêtre) sur l’emploi. « Avec l’IA, ce sont désormais des tâches cognitives, complexes et qualifiées qui apparaissent de plus en plus exposées, faisant peser un risque de bouleversement de la structure de l’emploi », note l’étude dont les résultats (nouvelle fenêtre) ont été publiés mercredi 1er avril. 

Au total, les 923 professions analysées ont été décomposées en tâches, elles-mêmes subdivisées en actions élémentaires décrites sous forme de triplets (verbe, objet, contexte). Selon cette étude, dans le principal scénario étudié qui porte sur le déploiement de l’IA agentique (qui peut atteindre un objectif précis avec une supervision limitée), environ une profession sur huit franchit le seuil de 30% de tâches automatisables. 

Les professions manuelles préservées

Les professions les plus concernées sont celles des domaines à forte intensité cognitive et informationnelle comme l’ingénierie, l’informatique, les fonctions administratives, la finance, le droit ou encore certains métiers créatifs et analytiques. L’étude a montré que certaines familles de métiers étaient plus exposées aux tâches automatisables comme l’architecture et l’ingénierie, l’informatique et les mathématiques, mais aussi les fonctions support et la finance. 

À l’inverse, les professions manuelles, ou qui intègrent des interactions humaines difficiles à standardiser, sont les moins affectées. Les professions les plus protégées sont celles en lien avec la production, la construction, la maintenance, le transport, la restauration, le nettoyage mais aussi les activités de soin et d’accompagnement.

La dimension humaine des métiers joue un rôle protecteur

Selon cette étude, plus d’un quart du contenu du travail (la part des tâches automatisables rapportées au volume d’emploi) pourrait être automatisable dans les familles de métiers les plus exposés. De leur côté, les métiers techniques, artisanaux et de production industrielle sont sous le seuil des 10%. Enfin, les métiers du soin, de l’éducation, de la vente et les professions relationnelles sont dans une position intermédiaire. Si certaines de leurs tâches sont menacées par l’IA, leur dimension humaine continue de jouer un rôle protecteur. 

Enfin, tous les pays ne sont pas exposés de la même façon à l’automatisation par l’IA. Les économies les plus riches et orientées vers les services cognitifs sont les plus concernées. En France, 16% du contenu du travail est potentiellement automatisable. L’étude conclut en disant que l’intelligence artificielle ne se déploie pas à la marge du travail, mais sur une partie de ses fonctions cognitives, non routinières et qualifiées qui ont longtemps été perçues comme les plus protégées.

Caroline FRUHAUF pour TF1 INFO

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