Quand Katja Schmidt a tenté d’inscrire sa fille sur une liste d’attente pour un cours de natation, elle a senti remonter en elle d’anciennes angoisses. « Cela m’a rappelé le moment où j’ai dû m’inscrire dans une maternité à Munich, dès mon quatrième mois de grossesse, pour être sûre d’être admise le jour J. Que ce soit à l’hôpital, à la crèche ou au premier cours en piscine, c’est à chaque fois le même stress : on a l’impression que, pour avoir une place, il faut s’inscrire dès qu’on envisage d’avoir un bébé ! », raconte cette Berlinoise, mère de deux enfants.
Il faut compter en moyenne un an entre l’inscription sur une liste d’attente et l’accès à un premier cours de natation pour un jeune enfant en Allemagne. Une étape nécessaire pour obtenir le « Seepferdchen » – littéralement « petit hippocampe » –, le brevet de natation de base, qui certifie que l’enfant a une certaine aisance dans l’eau et des notions de sécurité. Ce mot pourtant difficile à prononcer est parfaitement maîtrisé par les parents expatriés ou immigrés, et pour cause : ce badge est une sorte de sésame. Outre le fait qu’il offre une relative tranquillité d’esprit aux parents, il est en général exigé pour pouvoir participer au cours de natation de troisième classe, l’équivalent du CE2. D’où une très forte demande pour faire passer ce test aux enfants entre 5 et 7 ans.
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