James L. Brooks, lors de l’avant-première d’« Ella McCay », à Londres, en novembre 2025.

A Hollywood, un film original est de plus en plus un geste incongru, un pari à contretemps, souvent perçu comme une anomalie par une industrie plus que jamais gouvernée par la prudence algorithmique, la nostalgie sous licence et la peur du risque. James L. Brooks, l’un des rares cinéastes hollywoodiens à avoir bâti une œuvre populaire et originale, sans jamais céder aux sirènes du système, y fait, à 85 ans, figure d’exception.

Son nouveau film, Ella McCay, illustre de manière cruelle cette position patrimoniale, presque paléontologique. Très attendu après quinze ans de silence – son précédent film, Comment savoir, remonte à 2010 –, il a été accueilli aux Etats-Unis par un échec cinglant au box-office et une volée de bois vert critique, avec le reproche répété d’être « out of touch », « coupé de la réalité ». Resté deux semaines sur les écrans à la fin décembre 2025, le film n’a rapporté que 4 millions de dollars (3,4 millions d’euros), pour un budget estimé à 35 millions. Entérinant le désaveu, le studio Disney, qui le distribue via sa filiale 20th Century, a préféré annuler la sortie française en salle, prévue début janvier, optant pour une mise en ligne sur la plateforme Disney+, le 5 février.

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