- Un argentier de la présidence de la République, son conjoint et un gardien du Louvre comparaissaient ce jeudi devant le tribunal correctionnel de Paris.
- Ils sont poursuivis pour vol et recel de dizaines de pièces de porcelaine dérobées à l’Elysée.
- Retour sur cette affaire, à peine croyable mais bien réelle.
Suivez la couverture complète
Le 20H
Il est arrivé le visage caché sous son manteau beige au tribunal correctionnel de Paris. Un argentier de la présidence de la République comparaissait devant la justice ce jeudi, au même titre que son conjoint et un gardien du Louvre, tous trois étant poursuivis pour vol et recel de dizaines de pièces de porcelaine dérobées à l’Elysée.
Chargé de dresser les tables des grands dîners, ce dernier est plus exactement soupçonné d’avoir dérobé pendant deux ans des tasses, des soucoupes et des assiettes. Devant les juges, il s’est expliqué ému. « En fonction de la beauté, je la mettais dans le sac et je repartais avec, je les exposais chez moi dans mon buffet en tant que grand amateur des arts de la table ».
Le montant du butin fait débat, mais la valeur historique, elle, est inestimable puisqu’il s’agit de porcelaine issue de la manufacture de Sèvres, fournisseur de la présidence française depuis 1848.
« Les pièces qui ont été dérobées sont des pièces historiques la plupart du temps et donc ça a une grande valeur »
, confirmait en décembre dernier Louis Lefebvre, spécialiste des céramiques anciennes et contemporaines sur TF1. Et d’illustrer : « Une tasse, des assiettes, des services très spéciaux vont être entre 2000 et 30.000-40.000 voire 50.000 euros pièce. »
150 pièces achetées pour 15000 euros
L’affaire, à peine croyable mais bien réelle, avait débuté après la disparition inexpliquée de vaisselle prestigieuse. L’enquête avait très vite ciblé un réseau de revente. Car l’ancien argentier n’aurait pas agi seul : son compagnon se trouvait également face aux juges ce jeudi soir. Lequel des deux était à l’initiative ? Y a-t-il eu des pressions au sein du couple ? À la barre, l’argentier raconte des problèmes pour payer ses factures d’électricité. « Quand on a eu des soucis financiers, on a pris la décision, moi et mon conjoint, de vendre des pièces »,
explique-t-il. Son conjoint, lui, nie avoir su qu’il s’agissait d’assiettes volées mais reconnaît un rôle d’intermédiaire.
Sur Facebook, il est entré en contact avec un troisième homme : un collectionneur de 30 ans employé au Louvre. Ce passionné aurait acheté près de 150 pièces pour 15.000 euros sans se méfier jusqu’à ce qu’il tombe sur un programme de télévision. « J’ai vu une émission sur l’Élysée et j’ai reconnu l’argentier et c’est là que je me suis dit qu’il devait y avoir un problème »
, a-t-il expliqué.
La quasi-totalité des pièces ont depuis été restituées.

