- L’ancien cadre des Républicains Eric Woerth quitte ce vendredi l’Assemblée nationale au profit d’une candidature à la tête du groupe PMU.
- Il invoque un « sentiment d’impuissance » au Palais Bourbon afin de justifier sa décision, sans dire adieu à la vie politique.
S’éloigner des désordres de la vie parlementaire française au profit de l’administration des paris hippiques : c’est ce qu’a décidé l’ancien ministre macroniste Eric Woerth. Après sa première à l’Assemblée nationale 20 ans plus tôt, il délaisse son siège de député pour être candidat à la présidence du Pari mutuel urbain (PMU), a-t-il dit vendredi 27 février à l’Agence France-Presse (AFP), qui confirme une information du Parisien
.
Tout part d’une mission confiée début septembre par le gouvernement afin de proposer une réforme de la gouvernance du PMU. Celle-ci se retrouve vite prolongée. En dépassant les six mois de travaux, son mandat de député est automatiquement suspendu. Ainsi, c’est Véronique Ludmann, sa suppléante, qui le remplacera au sein du groupe des députés Renaissance. La manœuvre n’a rien d’une erreur, l’ancien membre des Républicains estime qu’il « sera plus utile au PMU (…) plutôt qu’être un député perdu dans une non-majorité »
.
Je vais continuer à essayer d’aider celui ou celle qui voudra vraiment être président de la République
Je vais continuer à essayer d’aider celui ou celle qui voudra vraiment être président de la République
Eric Woerth, député démissionnaire
Eric Woerth convient sans aucune hésitation que le Palais Bourbon, où il a « beaucoup d’amis »
, lui manquera. Ces mots ne sont pourtant pas tendres sur l’Assemblée actuelle : « C’est un peu comme conduire une voiture sur de la glace. On n’est pas sûr de bien tenir la trajectoire. (…) Ça ne veut pas dire qu’elle n’avance pas, mais à chaque mètre, on risque de déraper. »
Il motive aussi sa décision par « l’impuissance politique »
liée à « l’émiettement »
des groupes politiques. Il dénonce également les « débats violents »
. Mais ce n’est qu’un « départ du Parlement, pas un départ de la vie politique
« , précise-t-il. « Je vais continuer à essayer d’aider celui ou celle qui voudra vraiment être président de la République »,
assure Eric Woerth, sans vouloir donner d’indication sur une préférence entre les actuels « quatre ou cinq candidats pour la droite et le centre »
, toutes des personnalités « éminentes »
.liée
Difficile de décrocher après tant d’années de vie publique. Ancien LR, Éric Woerth a été ministre des Comptes publics, de la Fonction publique puis du Travail sous Nicolas Sarkozy. Il a été relaxé dans l’affaire du financement libyen de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007. À l’Assemblée, l’ancien parlementaire a été au cœur du processus législatif, en tant que président de l’importante commission des Finances de juin 2017 à juin 2022, y compris pendant la période du Covid, « presque surréaliste »
, où il s’agissait de « tenir l’économie »,Éric
selon ses dires.
Sa nomination en tant que président du PMU devra encore être avalisée par son assemblée générale, peut-être « dans les 10 ou 15 jours qui viennent »
, selon le principal intéressé.
Ayant été ministre il y a moins de trois ans, des vérifications doivent également être effectuées par la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP). Le député de l’Oise avait été nommé ministre de l’Aménagement du territoire, de la décentralisation et du logement dans le premier gouvernement de Lecornu, qui n’a duré que quelques heures.

