La lutte contre l’extrême droite était le dernier combat qui cimentait la gauche et transcendait les divergences qui n’ont cessé de se creuser, ces dernières années, entre La France insoumise et ses partenaires. Ce qui s’est produit jeudi 12 février à Lyon, le tabassage à mort de Quentin Deranque, un militant nationaliste âgé de 23 ans par plusieurs individus dont des membres de la Jeune Garde, un groupuscule d’ultragauche fondé par le député mélenchoniste du Vaucluse, Raphaël Arnault, a porté l’estocade à cet ultime lien. Non seulement Jean-Luc Mélenchon a tardé à manifester son émotion, mais il a refusé de rompre avec la Jeune Garde cautionnant implicitement une violence meurtrière dont il a tenté de faire porter la responsabilité sur les autres. « C’est nous qui sommes agressés », n’a-t-il cessé de clamer réussissant une nouvelle fois le tour de force de souder ses fidèles dans la posture de l’agresseur agressé.

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Jour après jour, méthodiquement, le leader de LFI tente d’organiser son face-à-face avec l’extrême droite en vue de l’élection présidentielle de 2027. Non seulement l’union de la gauche n’est plus une option pour lui, mais la destruction de tout ce qui pourrait s’interposer entre lui et Marine Le Pen ou Jordan Bardella dans les quatorze mois qui viennent est devenue sa priorité. Peu lui chaut que depuis deux ans l’intensification de ses outrances ait valu à LFI d’être jugée plus dangereuse pour la démocratie que le Rassemblement national (enquête annuelle Ipsos-Sopra Steria pour Le Monde sur les fractures françaises publiée en août 2024), obérant ses chances de remporter la prochaine élection, l’important pour lui est d’incarner la résistance à l’extrême droite.

La « révolution citoyenne » qu’il appelle de ses vœux sans avoir été, à ce jour, en mesure de la provoquer passe par une confrontation virile dans la rue avec « les fachos ». D’où l’appel de ses proches à « l’autodéfense populaire », une autre façon de légitimer la violence tout en la condamnant officiellement. D’ancien membre du Parti socialiste (PS), béat d’admiration devant François Mitterrand qui était parvenu à porter la gauche au pouvoir en neutralisant la force du Parti communiste français, Jean-Luc Mélenchon est devenu l’idiot utile de l’extrême droite.

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