La France, membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies, réclame la démission de la rapporteuse spéciale de l’ONU pour les territoires palestiniens Francesca Albanese, après des « propos outranciers et coupables » tenus lors d’une conférence samedi, a affirmé mercredi le chef de la diplomatie française.
« La France condamne sans aucune réserve les propos outranciers et coupables de Mme Francesca Albanese qui visent, non pas le gouvernement israélien dont il est permis de critiquer la politique, mais Israël en tant que peuple et en tant que nation, ce qui est absolument inacceptable », a déclaré Jean-Noël Barrot devant les députés.
Intervenant en visioconférence samedi lors d’un forum organisé à Doha par la chaîne Al Jazeera, Mme Albanese a évoqué un « ennemi commun » qui a permis, selon elle, un « génocide » à Gaza.
« Le fait qu’au lieu d’arrêter Israël, la plupart des pays du monde l’aient armé, lui aient fourni des excuses politiques, un parapluie politique ainsi qu’un soutien économique et financier, est un défi », a-t-elle affirmé.
« Nous qui ne contrôlons pas de vastes capitaux financiers, ni les algorithmes, ni les armes, constatons désormais qu’en tant qu’humanité, nous avons un ennemi commun », a-t-elle ajouté. Dans un tweet lundi, Mme Albanese s’est défendue face aux critiques en précisant que « l’ennemi commun de l’humanité est LE SYSTEME qui a permis le génocide en Palestine ».
Mais pour le ministre français des affaires étrangères, les propos de Mme Albanese « s’ajoutent à une longue liste de prises de position scandaleuses, justifiant le 7-Octobre, pire massacre antisémite de notre histoire depuis la Shoah, évoquant le lobby juif ou encore comparant Israël au Troisième Reich ».
« C’est une militante politique qui agite des discours de haine qui desservent la cause du peuple palestinien qu’elle entend pourtant défendre et des Nations unies. En aucun cas et d’aucune manière, Mme Albanese ne peut s’exprimer en leur nom et elle trahit leur esprit », a-t-il dénoncé, en réponse à la question d’une député du camp présidentiel, Caroline Yadan.
La veille, cette élue et une vingtaine d’autres députés avaient réclamé par courrier au ministre que Francesca Albanese soit « déchue de tout mandat onusien avec effet immédiat » après ses propos.
