- Le Patriarche latin de Jérusalem a été empêché par la police israélienne d’accéder à l’église du Saint-Sépulcre pour célébrer la messe du dimanche des Rameaux ce 29 mars.
- La police a invoqué des raisons de sécurité, en pleine guerre avec l’Iran.
- Emmanuel Macron s’est inquiété de la « multiplication préoccupante des violations du statut des Lieux saints de Jérusalem ».
« Pour la première fois depuis des siècles, les chefs de l’Église ont été
empêchés de célébrer la messe
du dimanche des Rameaux à l’église du Saint-Sépulcre »,
ont déploré le Patriarcat latin de Jérusalem et la Custodie de Terre sainte, ce dimanche 29 mars, dans un communiqué conjoint. Le cardinal Pierbattista Pizzaballa, patriarche latin de Jérusalem, et le Custode Francesco Ielpo, chef des franciscains pour la Terre sainte, « ont été arrêtés en chemin et ont été contraints de rebrousser chemin »
, a précisé le communiqué.
Cet acte « constitue un grave précédent et témoigne d’un manque de considération envers la sensibilité de milliards de personnes à travers le monde qui, durant cette semaine, tournent leur regard vers Jérusalem »
, a encore estimé le communiqué.
La police invoque « un risque réel »
Au début de l’offensive menée avec les États-Unis contre l’Iran le 28 février, les autorités israéliennes avaient interdit les grands rassemblements, y compris dans les synagogues, les églises et les mosquées, notamment celle d’Al-Aqsa, troisième lieu saint de l’islam, durant le mois sacré du ramadan, et limité les rassemblements publics à environ 50 personnes.
La police a justifié sa décision en affirmant que la configuration de la vieille ville et des lieux saints constituait « une zone complexe »
ne permettant pas l’accès rapide des secours en cas d’attaque, ce qui fait « peser un risque réel pour les vies humaines ».
Macron apporte son « plein soutien » au Patriarche
Le dimanche des Rameaux, qui ouvre la Semaine sainte, commémore la dernière montée du Christ à Jérusalem. Le Patriarcat latin avait annulé la procession traditionnelle, qui part habituellement du mont des Oliviers pour rejoindre Jérusalem et attire chaque année des milliers de fidèles. « Les chefs des Églises ont agi en toute responsabilité et, depuis le début de la guerre, se sont conformés à toutes les restrictions imposées »
, a déclaré le Patriarcat.
« Je condamne cette décision de la police israélienne, qui s’ajoute à la multiplication préoccupante des violations du
statut des Lieux Saints de Jérusalem
«
, a écrit le président français Emmanuel Macron sur X, affirmant son « plein soutien »
au Patriarche latin de Jérusalem.
De son côté, la présidente du Conseil italien Giorgia Meloni a dénoncé « une offense non seulement pour les croyants, mais pour toute communauté qui reconnaît la liberté religieuse ».
Le ministre italien des Affaires étrangères Antonio Tajani a annoncé la convocation lundi de l’ambassadeur d’Israël.

